Un poste AIX consiste souvent à remplacer une personne qui part avec dix ans d'historique en tête. Les questions d'entretien d'un ingénieur systèmes AIX doivent couvrir ce qu'elle faisait seule : les mises à niveau par NIM, la configuration des deux VIOS, les clusters PowerHA, les mksysb. Les serveurs portent en général des bases Oracle ou DB2 et des applications anciennes, critiques pour l'activité.
Le vivier est réduit. Beaucoup de candidats viennent de Linux et ont touché AIX quelques années, d'autres connaissent bien AIX mais peu la couche PowerVM, gérée par une autre équipe. Le candidat précise qui administrait la HMC et les VIOS. Un profil qui a seulement utilisé des LPAR déjà configurées aura du mal le jour où un VIOS tombe.
Pour les versions, IBM a publié la TL4 d'AIX 7.3 en décembre 2025, et AIX 7.2 reste en TL5. La dernière migration faite, et sa méthode, en disent long. Les offres associent souvent AIX et RHEL, avec Ansible pour automatiser les deux, et parfois un projet de migration de LPAR vers Linux. Le PDF propose six axes, une grille et un cas de renouvellement de serveur Power.
AIX, PowerVM et les outils du poste
AIX 7.2 et 7.3
Le système Unix d'IBM pour ses serveurs Power. Les mises à jour arrivent en Technology Levels (TL), complétées par des Service Packs (SP) et des correctifs ponctuels (ifix). AIX 7.3 est la version courante, en TL4 depuis décembre 2025. La commande oslevel -s donne le niveau exact d'un serveur.
IBM Power et PowerVM
Le matériel et sa couche de virtualisation. Un serveur Power est découpé en partitions logiques (LPAR), chacune avec son système. Les ressources se modifient à chaud (DLPAR) et une LPAR peut changer de serveur sans arrêt avec Live Partition Mobility. Reste à savoir quelle génération de serveurs la personne a administrée.
HMC
La console matérielle qui pilote les serveurs Power : création et profils des LPAR, démarrage, firmware, LPM. L'administrateur AIX y travaille souvent sans en être propriétaire. Une mauvaise manipulation sur la HMC touche plusieurs LPAR à la fois.
VIOS
Le Virtual I/O Server, une partition spéciale qui partage les cartes réseau et Fibre Channel entre les LPAR. Le réseau passe par un Shared Ethernet Adapter, les disques par vSCSI ou NPIV. On en installe deux par serveur pour qu'un VIOS en maintenance ne coupe rien.
NIM
Network Installation Manager, le serveur qui installe, migre et restaure les LPAR par le réseau. Il stocke les sources d'installation et les mksysb. Un administrateur qui n'a jamais utilisé NIM fait tout à la main, serveur par serveur.
LVM AIX, JFS2 et ODM
La gestion des disques d'AIX, proche dans l'idée de celle de Linux mais avec ses propres commandes (mkvg, chfs, mirrorvg). JFS2 est le système de fichiers standard. L'ODM est la base de configuration interne d'AIX, à ne pas modifier à la main sans savoir ce qu'on fait.
mksysb, savevg et alt_disk
Les sauvegardes système. mksysb produit une image amorçable du système, savevg sauvegarde un groupe de volumes de données. alt_disk_copy duplique le système sur un autre disque avant une mise à jour pour pouvoir revenir en arrière.
PowerHA SystemMirror
Le logiciel de haute disponibilité d'IBM pour AIX. Il bascule une application, ses disques et son adresse IP vers un autre nœud en cas de panne. La configuration doit être vérifiée et synchronisée sur tous les nœuds, sinon la bascule échoue le jour où elle sert.
nmon, topas et ksh
topas affiche l'activité en temps réel, nmon l'enregistre pour analyse a posteriori. Les scripts d'exploitation sont écrits en ksh, le shell historique d'AIX, avec des commandes qui diffèrent souvent de leurs équivalents GNU sous Linux.
Les intitulés mélangent souvent AIX et Linux : administrateur AIX/Linux, ingénieur Unix, expert Unix. Selon les équipes, la personne administre seulement le système des LPAR, ou aussi la HMC, les VIOS et le firmware. Les postes d'expert ajoutent PowerHA, la gestion de la capacité des serveurs Power et les migrations vers Linux. Un reste de Solaris, avec ses zones et ZFS, peut faire partie du périmètre. Beaucoup de postes sont ouverts en remplacement d'un départ, avec peu de documentation à reprendre.
Ce qu'un administrateur AIX doit maîtriser
- Installation, TL, SP et NIM
- PowerVM : LPAR, VIOS et HMC
- LVM AIX et JFS2
- mksysb, PowerHA et reprise
- Performance AIX avec nmon et topas
- Scripting ksh et passage vers Linux
Questions d'entretien AIX tirées de l'exploitation réelle
Chaque question vient avec ce qu'une bonne réponse contient et le signal qui doit vous alerter. Pas besoin d'être technique pour les poser : écoutez si le candidat raconte du vécu.
Question 1 · senior
Vous devez passer un serveur de production d'AIX 7.2 à AIX 7.3. Comment limitez-vous le risque et la durée d'arrêt ?
Une bonne réponseUn mksysb récent et vérifié d'abord. Puis une migration sur un disque alternatif, avec nimadm depuis le serveur NIM ou alt_disk_copy suivi de la migration : le système d'origine reste intact sur l'autre disque. Il contrôle les prérequis (niveau de firmware, version de HMC et de VIOS, compatibilité d'Oracle, de DB2 ou des agents installés) et lance les scripts de pré-migration. L'arrêt se limite au redémarrage, et le retour arrière consiste à remettre l'ancien disque dans la bootlist.
Signal d'alerteUne migration directe sur le rootvg en place, sans mksysb ni chemin de retour.
Question 2 · senior
Une LPAR perd l'accès à ses disques quand on redémarre un des deux VIOS pour maintenance. Qu'est-ce qui est mal configuré ?
Une bonne réponseLes chemins ne sont pas redondants. En vSCSI, lspath sur la LPAR doit montrer un chemin par VIOS, et les disques côté VIOS doivent avoir reserve_policy=no_reserve, sinon le second VIOS ne peut pas les présenter. hcheck_interval permet au client de détecter le retour d'un chemin. En NPIV, il vérifie que les WWPN des deux adaptateurs virtuels sont zonés et masqués sur la baie. Pour le réseau, il contrôle le SEA failover entre les deux VIOS.
Signal d'alerte« C'est normal, il faut arrêter les LPAR pendant la maintenance d'un VIOS. »
Question 3 · junior à confirmé
Un file system JFS2 est plein à 100 % sur un serveur AIX. Comment l'agrandissez-vous, et que vérifiez-vous d'abord ?
Une bonne réponselsvg sur le groupe de volumes pour voir les partitions physiques libres, puis chfs -a size=+10G sur le point de montage, qui agrandit le volume logique et le file system à chaud. Si le VG est plein, cfgmgr pour détecter un nouveau disque, extendvg, en vérifiant les limites du type de VG (normal, big, scalable). Si le volume logique est en miroir, l'espace est consommé deux fois. Avant d'agrandir, il cherche ce qui a rempli le file system.
Signal d'alerteNe pas connaître chfs et tenter de reproduire les commandes LVM de Linux, ou supprimer des fichiers sans savoir à quoi ils servent.
Question 4 · confirmé
Le mksysb de cette nuit a échoué. Que contient-il, et comment vérifiez-vous qu'il servira le jour d'une restauration ?
Une bonne réponseUn mksysb est une image amorçable du rootvg seul : système, configuration, logiciels installés. Les VG de données se sauvegardent à part avec savevg ou l'outil de sauvegarde de l'entreprise. Il exclut les répertoires inutiles avec /etc/exclude.rootvg, stocke l'image sur le serveur NIM ou hors du serveur, et la vérifie avec lsmksysb. La seule preuve reste une restauration réelle sur une LPAR de test. Causes d'échec fréquentes : manque d'espace dans / ou /tmp, destination pleine, fichiers modifiés pendant la sauvegarde.
Signal d'alerte« Le mksysb sauvegarde tout le serveur, données comprises. »
Question 5 · confirmé
Un serveur AIX est lent, et topas montre un CPU presque entièrement en wait. Comment lisez-vous la situation ?
Une bonne réponseUn wait élevé signale des processus qui attendent des entrées-sorties, pas un manque de processeur. Il regarde iostat -D pour les temps de service et les files d'attente par hdisk, vmstat pour les processus bloqués et la pagination (pi, po), lsps -a pour l'espace de pagination. Il vérifie le queue_depth des disques et la charge côté baie. Sur une LPAR en processeurs partagés, il lit aussi lparstat (physc, consommation au-delà de l'entitlement).
Signal d'alerteAjouter des processeurs virtuels à la LPAR.
Recevez la fiche d'entretien complète en PDF
La fiche pour mener l'entretien de bout en bout, prête à imprimer ou à partager avec le manager.
- 30 questions sur 6 axes, avec la bonne réponse, le signal d'alerte et la relance
- Le niveau visé pour chaque question
- Une mise en situation de 20 minutes et ce qu'on attend du candidat
- La grille d'évaluation de 1 à 4, axe par axe
Profils AIX : les questions fréquentes
Un administrateur Linux peut-il reprendre un parc AIX ?
Oui pour la logique, avec un temps d'adaptation réel. Les notions de processus, de systèmes de fichiers et de scripts se transposent. Les commandes diffèrent, et surtout la couche IBM Power n'a pas d'équivalent sous Linux : LPAR, VIOS, HMC, NIM, mksysb. Une période de recouvrement avec la personne qui part est à prévoir, et les questions PowerVM mesurent l'écart à combler.
Comment évaluer un profil AIX quand on ne connaît pas Unix ?
Les faits vérifiables servent d'appui. Quelles versions et quels TL la personne a-t-elle installés, combien de LPAR et de serveurs Power, qui gérait les VIOS et la HMC, quelle bascule PowerHA elle a menée. Les réponses précises citent des commandes et des incidents datés. Un administrateur Unix de l'équipe, s'il y en a un, peut relire les réponses aux questions techniques.
Quel test technique est donné à un ingénieur AIX ?
Une LPAR de test se prête bien à l'exercice quand elle existe : agrandir un file system, mettre rootvg en miroir, préparer un mksysb. Sans environnement, un exercice sur papier fonctionne aussi. Le candidat reçoit des sorties de commandes (lspath, lsvg, topas, errpt) avec un problème caché et l'explique. La lecture de ces sorties distingue vite l'utilisateur occasionnel de l'administrateur.
Solaris ou HP-UX sont-ils attendus en plus d'AIX ?
Seulement si le parc en contient. Solaris se croise encore, avec ses zones et le système de fichiers ZFS, HP-UX beaucoup moins. Un bon administrateur AIX apprend ces systèmes plus vite qu'un débutant, mais ce ne sont pas des compétences interchangeables. Si le besoin est ponctuel, mieux vaut le préciser dans l'offre comme un plus que comme une exigence.
Pour structurer vos autres entretiens, consultez aussi nos pages sur les questions d'entretien de recrutement, la méthode de l'entretien structuré et la grille d'évaluation d'entretien.





