Un technicien réseau passe ses journées entre les baies de brassage, les salles techniques et les bureaux. Il installe et remplace des commutateurs, des bornes Wi-Fi et des routeurs de site, tire et teste des câbles avec un prestataire, change un module optique, configure les ports d'un switch selon une procédure et remonte à l'administrateur ce qu'il ne peut pas traiter. Les offres demandent souvent le brassage, la gestion des adresses IP et des VLAN, l'installation de commutateurs Aruba ou Cisco et le traitement des demandes de niveau 1 ou 2.
Les candidats viennent souvent d'un BTS SIO option SISR, d'un BTS CIEL ou d'un titre professionnel, ou du câblage courant faible. Un profil issu du câblage connaît la baie et le testeur mais peu la configuration. Un profil issu du support connaît le poste de travail mais n'a jamais tenu une jarretière optique. Les deux peuvent convenir, à condition de savoir ce qui manque.
L'entretien porte sur des gestes concrets plutôt que sur des définitions : comment le candidat retrouve le port d'un poste dans la baie, ce qu'il fait avant de débrancher un câble en production, ce qu'il note dans son compte rendu. Le PDF regroupe 30 questions sur six axes, un cas d'intervention de 20 minutes et une grille de 1 à 4.
Matériel et outils de mesure du technicien réseau
Câblage cuivre et baies de brassage
Le câblage structuré relie chaque prise à un panneau de brassage dans la baie, puis au commutateur par une jarretière. Un lien cuivre ne dépasse pas 100 mètres, dont 90 mètres de câble fixe. La catégorie compte : le Cat 6 limite le 10 Gbit/s à 55 mètres, le Cat 6A le porte sur 100 mètres. Un repérage clair évite la moitié des erreurs.
Fibre optique en salle technique
Les liaisons entre baies et entre bâtiments passent en fibre, multimode (OM3, OM4) sur courte distance ou monomode (OS2) au-delà. Le technicien manipule des jarretières LC ou SC, des tiroirs optiques et des modules SFP. Le nettoyage des connecteurs et le respect du type de fibre et de module comptent autant que le branchement.
Commutateurs et bornes Wi-Fi
Cisco Catalyst, HPE Aruba, Fortinet ou Netgear selon les sites. Le technicien installe en baie, raccorde, connecte un câble console pour une première configuration, affecte des ports à un VLAN et vérifie l'alimentation PoE des bornes et des téléphones. Les changements plus lourds restent du ressort de l'administrateur.
Testeurs et certifieurs de câble
Un testeur simple vérifie la continuité et l'ordre des paires. Un certifieur, comme ceux de la gamme Fluke DSX, mesure les performances du lien par rapport à une catégorie et produit un rapport pour la réception d'un chantier. Un générateur de tonalité et sa sonde aident à retrouver un câble non repéré.
Mesure optique
Un photomètre et sa source mesurent la puissance reçue et l'atténuation d'une liaison. Un stylo laser à lumière visible repère une coupure ou une fibre mal brassée sur quelques mètres. Le réflectomètre (OTDR), plus rare chez un technicien LAN, localise une coupure sur une longue liaison.
Outils de diagnostic IP
Ping, traceroute, ipconfig ou ip a, la table ARP du poste, et sur le commutateur l'état des ports, la table des adresses MAC et les voisins LLDP ou CDP. Avec ces quelques commandes, un technicien localise la plupart des pannes simples avant d'escalader.
Outils de ticket et de documentation
GLPI, ServiceNow ou l'outil du client pour les tickets, un fichier ou un outil d'inventaire pour le matériel, des plans de baie et de brassage. Le compte rendu d'intervention dit ce qui a été fait, ce qui reste à faire et ce qui a changé dans la documentation.
Le poste existe sous plusieurs formes : technicien sédentaire sur un grand site, technicien itinérant qui couvre plusieurs agences, technicien chez un intégrateur qui installe et met en service du matériel chez différents clients. Il travaille avec un administrateur ou un ingénieur réseau qui prépare les configurations et valide les changements, et souvent avec des prestataires de câblage. On attend de lui des interventions propres, des procédures respectées et une remontée d'information claire. Le niveau monte avec l'autonomie : un référent configure seul des ports et des VLAN, diagnostique un lien optique et forme les nouveaux.
Six gestes techniques à vérifier chez un technicien réseau
- Câblage cuivre, brassage et repérage
- Fibre optique en baie et mesures
- Adressage IP et diagnostic de base
- Configuration de base d'un commutateur
- Installation, remplacement et RMA
- Procédures, sécurité et compte rendu
Questions d'intervention pour un technicien réseau, avec les réponses attendues
Chaque question vient avec ce qu'une bonne réponse contient et le signal qui doit vous alerter. Pas besoin d'être technique pour les poser : écoutez si le candidat raconte du vécu.
Question 1 · débutant à confirmé
On vous demande de trouver sur quel port de quel commutateur est branché le poste d'un utilisateur, sans plan de brassage à jour. Comment faites-vous ?
Une bonne réponseIl relève l'adresse MAC du poste (ipconfig /all ou étiquette), puis la cherche dans la table des adresses MAC des commutateurs pour trouver le port, en écartant les liens montants où toutes les adresses apparaissent. Sur place, il suit le repérage de la prise jusqu'au panneau, ou utilise un générateur de tonalité si le repérage manque. Il met ensuite à jour le plan et la description du port.
Signal d'alerteDébrancher les câbles un par un dans la baie jusqu'à ce que l'utilisateur perde le réseau.
Question 2 · confirmé
Un lien entre deux baies passe en fibre. Le module SFP et la jarretière sont neufs, mais le port reste éteint. Que vérifiez-vous ?
Une bonne réponseQue les deux modules sont du même type et de la même longueur d'onde (un SR multimode ne parle pas à un LR monomode), que la jarretière correspond à la fibre installée (multimode ou monomode), que l'émission et la réception sont croisées entre les deux extrémités, que les connecteurs sont propres et que le module est reconnu par le commutateur. Il lit la puissance reçue dans les informations du module si le commutateur l'affiche, et teste avec un stylo laser ou un photomètre.
Signal d'alerteRegarder dans la fibre pour voir si elle éclaire. Ou changer de jarretière sans vérifier le type de module ni le croisement.
Question 3 · débutant à confirmé
Vous devez passer le port 14 d'un commutateur dans le VLAN 30 pour une nouvelle imprimante. Comment procédez-vous et comment vérifiez-vous que c'est bon ?
Une bonne réponseIl vérifie d'abord que le VLAN 30 existe sur le commutateur et qu'il passe sur le lien montant, puis configure le port en mode accès dans le VLAN 30 avec une description claire. Il enregistre la configuration pour qu'elle survive à un redémarrage. Il vérifie ensuite que le port est actif dans le bon VLAN, que l'imprimante obtient une adresse dans la plage prévue et qu'elle répond au ping depuis un poste, puis note le changement dans le ticket.
Signal d'alerteModifier le port sans vérifier que le VLAN existe ni enregistrer la configuration. Mettre le port en trunk « pour que ça marche ».
Question 4 · confirmé
Un câble posé par un prestataire passe au testeur simple, mais le poste ne monte qu'à 100 Mbit/s au lieu de 1 Gbit/s. Qu'en pensez-vous ?
Une bonne réponseLe testeur simple vérifie la continuité, pas la qualité du lien. Une négociation à 100 Mbit/s indique souvent une paire coupée ou mal sertie (le 100 Mbit/s n'utilise que deux paires sur quatre), un mauvais raccordement sur la prise ou le panneau, ou une jarretière abîmée. Il teste l'ordre des quatre paires, change les jarretières, essaie un autre port, et demande une certification du lien au prestataire si le défaut est sur le câble fixe.
Signal d'alerte« Le testeur dit que c'est bon, donc c'est la carte réseau du poste. »
Question 5 · confirmé
Vous remplacez un commutateur d'accès en panne dans une baie de 48 ports pleine. Comment organisez-vous l'intervention pour que tout revienne comme avant ?
Une bonne réponseIl récupère auprès de l'administrateur la configuration à charger sur le nouveau commutateur. Avant de débrancher, il photographie la baie et repère chaque câble avec le numéro de port s'il n'est pas déjà repéré. Il installe le nouvel équipement, charge la configuration, rebranche port par port en suivant le repérage, puis vérifie les liens montants, les voyants, le PoE des téléphones et des bornes et quelques postes. Il prévient les utilisateurs avant la coupure et lance le retour du matériel en panne.
Signal d'alerteDébrancher tout puis rebrancher « dans l'ordre » de mémoire, sans repérage ni configuration préparée.
Recevez la fiche d'entretien complète en PDF
La fiche pour mener l'entretien de bout en bout, prête à imprimer ou à partager avec le manager.
- 30 questions sur 6 axes, avec la bonne réponse, le signal d'alerte et la relance
- Le niveau visé pour chaque question
- Une mise en situation de 20 minutes et ce qu'on attend du candidat
- La grille d'évaluation de 1 à 4, axe par axe
Technicien réseau : questions fréquentes
Quel niveau de configuration est attendu d'un technicien réseau ?
Pour un débutant, savoir se connecter à un commutateur, lire l'état des ports et affecter un port à un VLAN selon une procédure. Pour un confirmé, ajouter un VLAN sur un lien montant, configurer un port pour un téléphone et un PC, enregistrer et sauvegarder la configuration. Le routage, le spanning tree et la conception relèvent de l'administrateur. L'annonce fixe le niveau, sinon les écarts entre candidats deviennent difficiles à comparer.
Technicien réseau ou technicien de proximité : où passe la frontière ?
Le technicien de proximité s'occupe surtout des postes de travail, des imprimantes et des périphériques, et touche au réseau jusqu'à la prise et au port. Le technicien réseau travaille dans les baies et sur les équipements : commutateurs, bornes, fibre, routeurs de site. Il configure des ports et diagnostique des liens. Sur un petit site, une seule personne fait souvent les deux. Dans ce cas, les questions couvrent les deux périmètres.
Comment organiser un test technique pour un technicien réseau ?
Le plus parlant est un exercice pratique sur un commutateur de test et une petite baie : retrouver un port, affecter un VLAN, tester un câble, lire un écran de commandes. Il faut compter 30 à 45 minutes. Sans matériel, des photos de baie et des sorties de commandes à interpréter suffisent : le candidat décrit l'intervention étape par étape. Un questionnaire théorique sur le modèle OSI renseigne moins sur le travail réel.
Quels diplômes et habilitations regarder sur le CV ?
Le BTS SIO option SISR, le BTS CIEL option informatique et réseaux ou un titre professionnel de technicien réseau donnent une base reconnue. Le CCNA montre un niveau de configuration au-dessus de la moyenne pour ce poste. Selon les sites, une habilitation électrique peut être exigée pour intervenir dans les locaux techniques, et le permis B pour un poste itinérant. Ces points se vérifient dès la présélection, ils bloquent souvent l'embauche.
Pour structurer vos autres entretiens, consultez aussi nos pages sur les questions d'entretien de recrutement, la méthode de l'entretien structuré et la grille d'évaluation d'entretien.






