Le poste se concentre sur le maintien en conditions opérationnelles (MCO) du réseau : commutateurs d'accès et de cœur, bornes Wi-Fi et leur contrôleur, routeurs de site, liens loués à l'opérateur. Les équipements viennent le plus souvent de Cisco, HPE Aruba Networking ou Fortinet. Les annonces récentes mêlent exploitation et petits projets, comme une migration de commutateurs Cisco vers Aruba, une campagne de mises à jour ou le remplacement de matériel en fin de support.
Le niveau varie beaucoup d'un CV à l'autre. Certains administrateurs viennent du support et connaissent bien les VLAN et les ports, sans avoir touché au spanning tree ni à une passerelle redondante. D'autres ont un CCNA récent et la théorie, mais n'ont jamais préparé un retour arrière. Le poste se distingue de l'administrateur systèmes et réseaux par l'absence de serveurs : tout le temps passe sur le réseau, souvent sur plusieurs sites.
Le récit d'un changement réel, de la demande au contrôle après intervention, et celui d'un incident où le réseau était vraiment en cause pèsent lourd. Les détails donnés sur la sauvegarde de configuration, les commandes de vérification ou le ticket ouvert chez l'opérateur suffisent à situer un candidat. Le PDF ajoute 30 questions sur six axes et un cas d'exploitation de 20 minutes.
Équipements et outils d'un administrateur réseau
Commutateurs d'accès et de cœur
Le quotidien du poste. Cisco Catalyst sous IOS XE, HPE Aruba Networking sous AOS-CX, parfois FortiSwitch piloté par le pare-feu. L'administrateur crée les VLAN, configure les trunks et les ports d'accès, gère le spanning tree et les agrégations de liens, et surveille la consommation PoE des téléphones et des bornes.
Routage de site et passerelles
Le routage entre VLAN se fait le plus souvent sur le cœur de réseau, avec une passerelle redondante en HSRP ou VRRP. Vers les autres sites, du routage statique ou OSPF, parfois un SD-WAN géré par l'opérateur. Un administrateur doit lire une table de routage et dire par où sort un paquet.
Wi-Fi d'entreprise
Des bornes pilotées par un contrôleur ou depuis le cloud (Aruba Central, Cisco Meraki, Catalyst Center, FortiAP sur FortiGate). Il gère les SSID, l'authentification WPA2 ou WPA3 Entreprise par RADIUS, le réseau invité, les canaux et la puissance, et les plaintes de couverture.
Authentification réseau
802.1X sur les ports et le Wi-Fi, avec un serveur RADIUS comme Cisco ISE, Aruba ClearPass ou NPS de Microsoft. Les équipements sans 802.1X, comme les imprimantes, passent par l'adresse MAC. Côté administration des équipements, TACACS+ ou RADIUS trace qui a modifié quoi.
Supervision
Centreon, PRTG, LibreNMS, Zabbix ou l'outil du constructeur. Les équipements remontent leur état en SNMP (v3 de préférence), leurs journaux en syslog et leurs flux en NetFlow ou sFlow. Le travail consiste autant à traiter les alertes qu'à régler les seuils pour ne pas être noyé.
Sauvegarde et versionnage des configurations
Oxidized, RANCID, l'outil du constructeur ou un simple script qui récupère chaque nuit les configurations dans un dépôt Git. C'est ce qui permet de comparer avant et après un changement et de remettre en service un commutateur remplacé en quelques minutes.
Outil ITSM
GLPI, ServiceNow, Jira Service Management ou EasyVista. Les incidents arrivent du support, les demandes de changement passent par une validation, et chaque intervention laisse une trace. Un bon administrateur réseau écrit des tickets qu'un collègue d'astreinte peut reprendre sans l'appeler.
Outils de diagnostic
Ping, traceroute, les commandes show des équipements, Wireshark pour lire une capture, iPerf pour mesurer un débit, et l'outil de l'opérateur pour suivre un lien. La méthode compte davantage que la liste : partir du symptôme, isoler le segment, prouver la cause.
L'administrateur réseau travaille souvent en niveau 2, entre le support qui lui remonte les incidents et un ingénieur ou un architecte qui conçoit les évolutions. Il applique des changements préparés, en conçoit parfois de petits, tient l'inventaire et le cycle de vie du matériel, et suit les contrats de maintenance avec le constructeur et l'opérateur. Selon l'organisation, le poste inclut une astreinte et des interventions sur plusieurs sites. Le CCNA atteste une base sur la commutation et le routage. L'expérience d'exploitation se vérifie par des situations vécues.
Ce que l'entretien d'un administrateur réseau doit couvrir
- Commutation : VLAN, trunks, spanning tree
- Routage de site et passerelles redondantes
- Wi-Fi d'entreprise et 802.1X
- Supervision et traitement des alertes
- Changements, sauvegardes et mises à jour
- Diagnostic d'incident et suivi opérateur
Situations d'exploitation réseau et réponses attendues
Chaque question vient avec ce qu'une bonne réponse contient et le signal qui doit vous alerter. Pas besoin d'être technique pour les poser : écoutez si le candidat raconte du vécu.
Question 1 · confirmé
Vous ajoutez un nouveau commutateur d'étage relié aux commutateurs de cœur, et une partie du réseau devient lente juste après. La supervision montre que le nouveau commutateur est devenu racine du spanning tree. Que s'est-il passé, et comment l'évitez-vous ?
Une bonne réponseLe nouveau commutateur avait une priorité égale ou meilleure que le cœur, souvent la priorité par défaut avec une adresse MAC plus basse, et a pris le rôle de racine. Le trafic passe par un chemin absurde. Il fixe la priorité de la racine et de la racine de secours sur le cœur, active la protection qui refuse qu'un port d'accès ou de distribution devienne racine (root guard) et prépare les nouveaux commutateurs avec la configuration standard avant de les brancher.
Signal d'alerteRedémarrer le commutateur ou couper le spanning tree pour « gagner en performance ». Ne pas savoir comment la racine est élue.
Question 2 · confirmé
La passerelle d'un VLAN est portée par deux commutateurs de cœur en HSRP. Après la maintenance du cœur principal, le trafic reste sur le secondaire. Pourquoi, et est-ce un problème ?
Une bonne réponseEn HSRP, la préemption est désactivée par défaut : le routeur dont la priorité est la plus haute ne reprend pas la main à son retour. Il vérifie la priorité et la préemption, et décide si le retour automatique est souhaité, avec un délai pour laisser le routage converger. Il pense aussi au suivi d'interface (tracking) qui baisse la priorité si le lien montant tombe. En VRRP, la préemption est active par défaut, ce qu'il signale.
Signal d'alerte« Il y a une panne sur le principal » sans regarder les priorités, ou ne pas connaître la préemption.
Question 3 · confirmé
Pendant une visio, un portable qui traverse l'étage perd le son quelques secondes à chaque changement de borne. Que relevez-vous avant de toucher aux réglages ?
Une bonne réponseL'historique d'itinérance du poste dans le contrôleur : borne quittée, borne rejointe, signal au moment du changement et durée de la réauthentification 802.1X. Puis le recouvrement et la puissance des bornes, car des bornes trop fortes retardent le changement, le plan de canaux en 5 GHz et les interférences. Si la réauthentification prend trop de temps, il propose l'itinérance rapide (802.11r, avec 802.11k et v) après avoir vérifié que les postes la supportent, et il contrôle le pilote Wi-Fi du portable.
Signal d'alerteAjouter des bornes et monter la puissance, ce qui aggrave souvent le problème. Ignorer le rôle du poste client dans l'itinérance.
Question 4 · confirmé
Vous devez mettre à jour le firmware de 60 commutateurs d'accès sur trois sites. Comment préparez-vous et menez-vous la campagne ?
Une bonne réponseIl choisit une version recommandée par le constructeur, lit les notes de version et les problèmes connus, sauvegarde les configurations, teste sur un ou deux commutateurs pilotes, puis planifie par lots hors heures de bureau avec une demande de changement validée. Il vérifie l'espace disque, copie l'image à l'avance, contrôle après redémarrage les ports, les VLAN, le PoE et la supervision, et garde l'ancienne image pour revenir en arrière.
Signal d'alertePasser à la dernière version disponible sur tous les commutateurs la même nuit, sans pilote ni sauvegarde.
Question 5 · junior à confirmé
Le lien opérateur d'un site distant tombe un lundi à 8 h. Le site a un lien de secours 4G. Que faites-vous, dans l'ordre ?
Une bonne réponseIl confirme la panne depuis la supervision et le routeur du site, vérifie que le trafic a bien basculé sur la 4G et prévient le support et le site. Il ouvre un ticket chez l'opérateur avec la référence du lien, l'heure de début, les tests faits et les voyants relevés sur le boîtier. Il suit le ticket jusqu'au rétablissement, vérifie le retour du trafic sur le lien principal, puis documente la durée et la cause.
Signal d'alerteAttendre que les utilisateurs appellent, ou ouvrir un ticket opérateur sans référence de lien ni test.
Recevez la fiche d'entretien complète en PDF
La fiche pour mener l'entretien de bout en bout, prête à imprimer ou à partager avec le manager.
- 30 questions sur 6 axes, avec la bonne réponse, le signal d'alerte et la relance
- Le niveau visé pour chaque question
- Une mise en situation de 20 minutes et ce qu'on attend du candidat
- La grille d'évaluation de 1 à 4, axe par axe
Administrateur réseau, les questions fréquentes
Administrateur réseau ou ingénieur réseau : quelle différence en pratique ?
L'administrateur réseau exploite : il traite les incidents, applique les changements, met à jour les équipements et tient la supervision. L'ingénieur réseau conçoit davantage : architecture, routage complexe, projets de migration, documents de conception. Les frontières bougent selon la taille de l'équipe, et un administrateur confirmé mène souvent de petits projets. Pour un poste centré sur le run, les incidents et les changements vécus comptent le plus.
Le CCNA est-il un bon critère de tri ?
Le CCNA montre qu'une personne connaît les bases de la commutation, du routage et de l'adressage, ce qui fait gagner du temps sur un profil junior. Il ne dit rien de l'exploitation réelle : changement en production, astreinte, relation avec l'opérateur. Un administrateur expérimenté sans certification peut être bien plus solide. C'est un indice parmi d'autres, et la pratique se juge sur des situations précises.
Quel test technique est donné à un administrateur réseau ?
Un exercice court fonctionne bien : une configuration de commutateur à relire avec deux ou trois erreurs, un extrait de table de routage à interpréter et une alerte de supervision à qualifier. L'exercice dure 30 minutes. Avec un équipement de test ou un simulateur comme Packet Tracer ou GNS3, le candidat crée un VLAN, un trunk et une passerelle. Les questionnaires théoriques sur le modèle OSI, sans lien avec le poste, apportent peu.
Comment savoir si un candidat peut tenir une astreinte réseau ?
Le récit d'une intervention de nuit le montre : l'alerte reçue, les premières vérifications à distance, la décision d'intervenir ou d'attendre, et le compte rendu laissé le matin. Un candidat qui a vraiment tenu une astreinte cite ses accès de secours, comme une console distante ou un lien hors bande, et sait quand appeler l'opérateur ou l'ingénieur de niveau 3. Il connaît aussi les limites de son périmètre.
Pour structurer vos autres entretiens, consultez aussi nos pages sur les questions d'entretien de recrutement, la méthode de l'entretien structuré et la grille d'évaluation d'entretien.






