DBA Azure SQL et Managed Instance : la migration et le run à vérifier

Un DBA cloud Azure exploite des bases Azure SQL Database et des Managed Instance, souvent après les avoir migrées depuis SQL Server sur site. Les questions vérifient qu'il sait choisir le bon service, restaurer une base, basculer vers une autre région et tenir une facture exprimée en vCores.

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Mis à jour le Par l'équipe Delectus6 min de lecture

La fiche DBA cloud Azure (Azure SQL / Managed Instance) : technologies, chaîne du poste, une question et la grille d'évaluation

Le parc d'un DBA Azure SQL vient le plus souvent de SQL Server sur site, et l'entretien doit coller à ce parc. Le DBA choisit entre Azure SQL Database, Managed Instance et SQL Server sur machine virtuelle, prépare la migration avec Azure Database Migration Service ou le lien Managed Instance, puis exploite l'ensemble : sauvegardes automatiques, groupes de basculement, Query Store, droits Entra ID, supervision dans Azure Monitor. Les ESN partenaires de Microsoft recrutent ces profils pour les projets de migration, les clients finaux pour le run.

Un excellent DBA SQL Server n'est pas toujours à l'aise sur Azure. Sur Managed Instance, plus d'accès au système ni de RESTORE WITH MOVE. Sur Azure SQL Database, pas d'agent SQL, pas de requêtes entre bases, et des plafonds de ressources par niveau de service. L'identité passe par Entra ID, la haute disponibilité est fournie par la plateforme, et le coût se pilote en vCores, en pools élastiques ou en serverless. La certification DP-300 atteste ces connaissances, l'entretien vérifie la pratique.

En migration, le choix de cible sur un parc réel est le bon récit à obtenir du candidat. En run, demandez-lui comment il a traité une requête lente avec le Query Store.

Azure SQL : les services à connaître pour juger un DBA

Azure SQL Database

Une base SQL Server managée, seule ou dans un pool élastique, rattachée à un serveur logique qui porte les connexions, le pare-feu et l'administrateur Entra. Pas d'agent SQL ni de requêtes entre bases au sens SQL Server, mais des mises à jour et des sauvegardes gérées par Microsoft. Les tâches planifiées passent par Elastic Jobs ou Azure Automation.

Azure SQL Managed Instance

Une instance SQL Server presque complète, dans un réseau virtuel : agent SQL, requêtes entre bases, CLR, Database Mail, Service Broker. C'est la cible habituelle quand on déplace un parc sans réécrire les applications. Deux niveaux, General Purpose (avec sa version Next-gen) et Business Critical, et une politique de mise à jour à choisir : SQL Server 2022, SQL Server 2025 ou Always-up-to-date.

Niveaux de service et modèles d'achat

En vCores, General Purpose, Business Critical et Hyperscale, ce dernier allant jusqu'à 128 To avec des réplicas nommés. L'ancien modèle DTU subsiste sur Azure SQL Database. Le serverless ajuste les vCores à la charge et peut mettre la base en pause, et les pools élastiques partagent des ressources entre bases à charge variable.

Azure Hybrid Benefit et réservations

Les licences SQL Server avec Software Assurance réduisent le prix des vCores, et les réservations sur un ou trois ans baissent encore la facture. Hyperscale n'inclut pas de coût de licence SQL, donc pas d'Hybrid Benefit pour les nouvelles bases de ce niveau. Un DBA Azure doit savoir lire cette facture.

Haute disponibilité et groupes de basculement

La haute disponibilité locale est incluse, avec la redondance de zone en option. Pour le PRA, la géoréplication active (SQL Database) et les groupes de basculement (SQL Database et Managed Instance) répliquent vers une autre région, avec des noms d'écoute qui suivent la bascule. Sur Managed Instance, un secondaire réservé au PRA peut être déclaré sans licence.

Sauvegardes automatiques

Restauration à un instant donné de 1 à 35 jours, 7 par défaut, et rétention longue jusqu'à dix ans. Le stockage des sauvegardes peut être local, sur plusieurs zones ou géoredondant, ce qui conditionne la géorestauration. Sur Managed Instance, des sauvegardes COPY_ONLY vers Azure Blob restent possibles.

Migration : DMS, Azure Arc et lien Managed Instance

Azure Database Migration Service migre vers SQL Database, Managed Instance ou SQL Server sur VM, depuis le portail, PowerShell ou la CLI. L'évaluation de compatibilité passe par Azure Arc. Le lien Managed Instance, fondé sur les groupes de disponibilité distribués, réplique en quasi temps réel depuis SQL Server et offre la coupure la plus courte. La restauration native depuis Blob reste l'option simple.

Sécurité et identité

Authentification Microsoft Entra (ex-Azure AD) avec identités managées pour les applications, TDE activé par défaut avec clé gérée par le client possible, Always Encrypted, audit, Microsoft Defender for SQL. Accès réseau par point de terminaison privé sur SQL Database, sous-réseau dédié pour Managed Instance.

Supervision

Azure Monitor et ses métriques, journaux de diagnostic envoyés vers Log Analytics, Query Store, DMV et événements étendus. Database watcher, resté en préversion, sera retiré le 30 avril 2027 au profit du Database Hub de Microsoft Fabric, sans nouvelle création possible à partir du 9 novembre 2026, à suivre si le parc l'utilise.

Le poste se présente sous plusieurs formes. Dans les ESN partenaires de Microsoft, le DBA Azure enchaîne les projets de migration de SQL Server et doit évaluer vite un parc qu'il découvre. Chez un client final, il tient le run des bases migrées, la facture et les droits. Chez un éditeur SaaS, il gère souvent des centaines de bases clients dans des pools élastiques. Beaucoup d'offres demandent aussi SQL Server sur site, PowerShell avec dbatools et Terraform ou Bicep, car les parcs restent souvent hybrides.

Ce qu'un DBA Azure doit savoir faire

  • Choix du service Azure SQL et dimensionnement
  • Migration depuis SQL Server
  • Haute disponibilité, groupes de basculement et PRA
  • Sauvegarde et restauration
  • Performance : Query Store, DMV, limites de ressources
  • Sécurité Entra ID, réseau et coûts

Cinq questions d'entretien sur Azure SQL et Managed Instance

Chaque question vient avec ce qu'une bonne réponse contient et le signal qui doit vous alerter. Pas besoin d'être technique pour les poser : écoutez si le candidat raconte du vécu.

  1. Question 1 · confirmé

    Une application utilise des requêtes entre trois bases, des jobs SQL Agent et des assemblies CLR. Azure SQL Database ou Managed Instance ?

    Une bonne réponseManaged Instance : elle accepte les requêtes entre bases d'une même instance, l'agent SQL et le CLR, absents ou limités sur Azure SQL Database. Sur SQL Database, il faudrait réécrire : Elastic Jobs à la place de l'agent, regroupement des bases ou requêtes élastiques pour les jointures, et plus de CLR. La personne vérifie quand même les écarts qui restent sur Managed Instance (pas de chemins de fichiers, BULK INSERT depuis Azure Blob uniquement, authentification Windows via Entra Kerberos) et cite SQL Server sur VM quand l'application exige un accès au système.

    Signal d'alerte« Azure SQL Database, c'est SQL Server dans le cloud », sans connaître ses limites. Ou une VM choisie par habitude, sans parler de l'exploitation qu'elle laisse à l'équipe.

  2. Question 2 · senior

    Vous migrez une base SQL Server de 4 To vers une Managed Instance Business Critical avec moins de quinze minutes de coupure. Quelle méthode retenez-vous ?

    Une bonne réponseLe lien Managed Instance : un groupe de disponibilité distribué réplique la base en quasi temps réel depuis SQL Server, puis on bascule au moment choisi. Microsoft le présente comme la seule méthode de migration réellement en ligne vers Business Critical. Prérequis : une version de SQL Server prise en charge, un réseau entre le site et Azure (VPN ou ExpressRoute), les certificats des points de terminaison. Avant la bascule, une évaluation de compatibilité et le transfert des logins, des jobs et des serveurs liés, qui ne suivent pas la base.

    Signal d'alerteUne sauvegarde complète restaurée depuis Blob le jour J, intenable en quinze minutes sur 4 To. Ou oublier les logins et les jobs de l'agent.

  3. Question 3 · confirmé

    Comment protégez-vous une base Azure SQL Database contre la perte d'une région entière, et que doit changer l'application ?

    Une bonne réponseUn groupe de basculement vers une autre région, avec un secondaire lisible. L'application se connecte au nom d'écoute en lecture-écriture du groupe, qui suit la bascule, et peut envoyer ses lectures vers le nom en lecture seule. La personne distingue la bascule planifiée, sans perte, de la bascule forcée, qui peut perdre les dernières transactions puisque la réplication est asynchrone, et dit qui décide de la déclencher. Elle prépare les logins et le pare-feu côté secondaire, et prévoit des exercices.

    Signal d'alerteCompter sur la redondance de zone pour une panne régionale, ou coder le nom du serveur primaire dans l'application.

  4. Question 4 · junior à confirmé

    Une table a été vidée par erreur hier à 17 h dans une base Azure SQL Database. Comment récupérez-vous les données ?

    Une bonne réponsePar une restauration à un instant donné juste avant 17 h. Elle crée une nouvelle base sur le même serveur logique et ne restaure jamais par-dessus la base existante. On recopie ensuite la table vers la production, avec bcp, Azure Data Factory ou un script, ou on échange les noms des bases si tout est à reprendre. La personne connaît la rétention configurée (7 jours par défaut, jusqu'à 35) et sait que la durée de restauration dépend de la taille et de l'activité du journal.

    Signal d'alerteChercher le fichier .bak de la veille, ou ne pas savoir que la restauration crée une nouvelle base.

  5. Question 5 · confirmé

    Depuis la migration vers Azure SQL Database, une requête qui prenait 2 secondes sur site en prend 40. Comment cherchez-vous ?

    Une bonne réponseQuery Store d'abord : comparer les plans, repérer la régression, forcer l'ancien plan si besoin ou laisser la correction automatique des plans s'en charger. Vérifier le niveau de compatibilité de la base, qui change l'estimation de cardinalité, et l'état des statistiques. Puis les limites du niveau de service dans sys.dm_db_resource_stats (CPU, IO de données, débit du journal) et les attentes dans sys.dm_exec_session_wait_stats : un General Purpose repose sur un stockage distant, plus lent que des disques locaux. Le correctif peut être un index, une réécriture ou un changement de niveau.

    Signal d'alerteMonter de niveau de service tout de suite, ou chercher les compteurs Windows d'un serveur auquel on n'a pas accès.

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La fiche pour mener l'entretien de bout en bout, prête à imprimer ou à partager avec le manager.

  • 30 questions sur 6 axes, avec la bonne réponse, le signal d'alerte et la relance
  • Le niveau visé pour chaque question
  • Une mise en situation de 20 minutes et ce qu'on attend du candidat
  • La grille d'évaluation de 1 à 4, axe par axe

Recruter un DBA Azure : vos questions

Quelles différences entre un DBA SQL Server et un DBA Azure SQL ?

Le moteur est le même, le métier se déplace. Sur Azure, le DBA ne gère plus le système, les correctifs ni la haute disponibilité locale. Il choisit le service et le niveau, règle les groupes de basculement, travaille avec Entra ID, les points de terminaison privés et le réseau virtuel, et suit une facture en vCores. Il garde l'optimisation des requêtes, les index, Query Store, la sécurité des données et la préparation des migrations, souvent sur un parc encore hybride.

La certification DP-300 suffit-elle pour juger un DBA Azure ?

L'examen DP-300 donne la certification Azure Database Administrator Associate, qui couvre le déploiement, la sécurité, la performance, l'automatisation et la haute disponibilité sur Azure SQL. Elle se renouvelle chaque année par une évaluation en ligne gratuite, ce qui permet de voir si elle est à jour. Elle ne prouve pas qu'une migration a été menée ou qu'une restauration a été faite sous pression. Demandez un projet précis, avec la méthode choisie et la coupure obtenue.

Quel test technique pour un DBA Azure SQL ?

Une mise en situation courte vaut mieux qu'un questionnaire. Donnez un inventaire de quelques bases SQL Server (taille, jobs, serveurs liés, coupure acceptable) et demandez une cible et une méthode pour chacune, ou montrez une capture de Query Store avec une régression de plan à expliquer. Pour un senior, ajoutez la conception d'un PRA avec groupe de basculement. Trente minutes, à voix haute, montrent vite la pratique réelle.

SQL Server sur une VM Azure et Azure SQL : est-ce le même poste ?

Pas tout à fait. Sur une machine virtuelle Azure, le DBA administre SQL Server comme sur site : correctifs, sauvegardes, groupes de disponibilité, système d'exploitation. Seule l'infrastructure change. Avec Azure SQL Database ou Managed Instance, ces tâches passent au service et le travail porte sur le choix du niveau, le réseau, les identités et le coût. Beaucoup de parcs mêlent les trois. Faites préciser au manager la répartition réelle, puis demandez au candidat quelle cible il a choisie pour chaque base migrée et pourquoi.

Pour structurer vos autres entretiens, consultez aussi nos pages sur les questions d'entretien de recrutement, la méthode de l'entretien structuré et la grille d'évaluation d'entretien.

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