DBA AWS sur RDS et Aurora, de la restauration PITR à la facture

Un DBA cloud AWS exploite des bases Amazon RDS et Aurora, le plus souvent en PostgreSQL ou MySQL, parfois en Oracle et SQL Server, et prépare leur migration avec AWS DMS. En entretien, vérifiez qu'il sait où s'arrête le travail d'AWS et ce que chacun de ses choix ajoute à la facture.

Recevoir la fiche complète

Mis à jour le Par l'équipe Delectus6 min de lecture

La fiche DBA cloud AWS (RDS / Aurora) : technologies, chaîne du poste, une question et la grille d'évaluation

Pour construire vos questions d'entretien de DBA cloud AWS, partez du parc réel. Le poste exploite des instances RDS for PostgreSQL ou MySQL, des clusters Aurora et, dans les grands comptes, des bases RDS for Oracle ou SQL Server reprises d'un datacenter. Le travail courant : groupes de paramètres, montées de version, restaurations, analyse de performance dans CloudWatch Database Insights, infrastructure décrite en Terraform. Les offres d'ESN mêlent souvent le RUN d'un grand nombre de bases et le BUILD des nouveaux projets.

Le service managé déplace le travail du DBA sans le supprimer. AWS applique les correctifs, gère le stockage et la bascule Multi-AZ. Le DBA choisit la classe d'instance, règle les paramètres, optimise les requêtes, planifie la sortie d'une version avant l'Extended Support payant et teste les restaurations. Un très bon DBA on-premise peut buter sur IAM, les groupes de sécurité ou la facture d'entrées-sorties d'Aurora. La certification AWS Database Specialty a été retirée en 2024, si bien que les CV récents citent surtout des certifications généralistes.

Le PDF contient 30 questions sur six axes, un cas de 20 minutes sur la migration d'une base Oracle vers Aurora PostgreSQL et une grille de 1 à 4.

Les services AWS que gère un DBA cloud

Amazon RDS

Les bases relationnelles managées d'AWS : PostgreSQL, MySQL, MariaDB, Oracle, SQL Server et Db2. AWS gère le matériel, le système, les correctifs et les sauvegardes automatiques. Le DBA garde la main sur les paramètres (parameter groups), la classe d'instance, le stockage gp3 ou io2 et les fenêtres de maintenance.

Amazon Aurora

Le moteur d'AWS compatible PostgreSQL et MySQL. Le stockage est partagé entre les instances du cluster et copié sur trois zones de disponibilité, ce qui rend les réplicas rapides à créer et les bascules courtes. Deux modes de facturation : Standard, où les entrées-sorties se paient, et I/O-Optimized, sans frais d'entrées-sorties, conseillé par AWS quand elles dépassent 25 % de la dépense Aurora.

Aurora Serverless v2 et Global Database

Serverless v2 ajuste la capacité en continu, par unités ACU, pour les charges irrégulières. Global Database réplique un cluster vers d'autres régions avec un retard en général inférieur à la seconde, pour le PRA ou pour servir des lectures loin de la région principale.

Multi-AZ et réplicas en lecture

En Multi-AZ, RDS maintient une copie synchrone dans une autre zone et bascule seul en cas de panne. Les réplicas en lecture, asynchrones, déchargent les lectures ou préparent une migration. Le Multi-AZ DB cluster, pour MySQL et PostgreSQL, ajoute deux secondaires lisibles. Le candidat doit savoir lequel protège de quoi.

Sauvegardes et PITR

RDS garde des sauvegardes automatiques jusqu'à 35 jours et restaure à la seconde près dans cette fenêtre, toujours vers une nouvelle instance. Les snapshots manuels restent jusqu'à leur suppression. AWS Backup centralise les politiques et les copies vers un autre compte ou une autre région.

AWS DMS et SCT

DMS copie les données d'une base source vers RDS ou Aurora, avec un chargement complet puis la capture des changements (CDC) pour réduire la coupure. La conversion du schéma, par exemple d'Oracle vers PostgreSQL, passe par AWS SCT ou par DMS Schema Conversion dans la console. Une partie du code PL/SQL reste à reprendre à la main.

CloudWatch Database Insights

Le tableau de bord de performance, qui a repris Performance Insights : charge de la base par événement d'attente, par requête, par hôte ou par utilisateur. Avec Enhanced Monitoring et les logs exportés vers CloudWatch, c'est l'outil du diagnostic quand l'application ralentit.

IAM, KMS, Secrets Manager et RDS Proxy

Le chiffrement au repos se décide à la création, avec une clé KMS. Les mots de passe vivent dans Secrets Manager avec rotation, l'accès peut passer par l'authentification IAM, et les bases restent dans des sous-réseaux privés derrière des groupes de sécurité. RDS Proxy mutualise les connexions, utile avec Lambda.

Terraform

Instances, groupes de paramètres et règles réseau sont décrits en Terraform ou en CloudFormation. Le DBA doit savoir quelles modifications s'appliquent tout de suite, lesquelles attendent la fenêtre de maintenance et lesquelles recréent la ressource.

Le poste prend plusieurs formes. En ESN ou chez un infogérant, le DBA AWS tient le RUN d'un grand parc de bases, souvent multi-moteurs, avec astreinte. Dans un grand compte, il conduit la sortie d'un datacenter vers AWS et la conversion d'Oracle vers PostgreSQL. Dans une scale-up, il travaille avec l'équipe plateforme sur Aurora, Terraform et la maîtrise des coûts. Les offres françaises associent souvent AWS à Oracle et PostgreSQL, et le niveau sur le moteur compte autant que la connaissance de la console.

Les points techniques à valider chez un DBA AWS

  • Choix et dimensionnement RDS et Aurora
  • Haute disponibilité et PRA sur AWS
  • Sauvegarde, PITR et restauration
  • Performance et Database Insights
  • Migration avec DMS et SCT
  • Sécurité, réseau et infrastructure as code

Cinq mises en situation sur RDS et Aurora

Chaque question vient avec ce qu'une bonne réponse contient et le signal qui doit vous alerter. Pas besoin d'être technique pour les poser : écoutez si le candidat raconte du vécu.

  1. Question 1 · confirmé

    Un développeur a supprimé une table de production sur RDS for PostgreSQL à 10 h 15. Comment récupérez-vous les données ?

    Une bonne réponsePar une restauration à un instant donné (PITR) juste avant 10 h 15. Elle crée toujours une nouvelle instance et n'écrase pas la base existante. La personne restaure à côté, extrait la table avec pg_dump et la réinjecte en production, ou bascule l'application vers la nouvelle instance si l'incident est plus large. Elle pense à rattacher le bon groupe de paramètres et les groupes de sécurité à l'instance restaurée, et connaît la rétention des sauvegardes automatiques. Sur Aurora MySQL, Backtrack peut rembobiner le cluster sans restauration s'il était activé.

    Signal d'alerte« Je restaure le snapshot de cette nuit par-dessus la base » : RDS ne restaure jamais sur l'instance existante, et on perdrait les écritures de la matinée. Ou ne pas savoir qu'une rétention à zéro désactive les sauvegardes automatiques.

  2. Question 2 · confirmé

    Quelle différence faites-vous entre un déploiement Multi-AZ et un réplica en lecture sur RDS, et lequel vous protège d'une suppression accidentelle ?

    Une bonne réponseLe Multi-AZ en instance garde une copie synchrone dans une autre zone, non lisible, et bascule seul le nom DNS en cas de panne, en général en une à deux minutes. Le réplica en lecture est asynchrone, lisible, peut vivre dans une autre région, et sa promotion se fait à la main. Ni l'un ni l'autre ne protège d'une suppression, qui se réplique partout : seules les sauvegardes et la PITR couvrent ce cas. Un bon profil cite aussi le Multi-AZ DB cluster, avec deux secondaires lisibles et des bascules plus courtes.

    Signal d'alerte« Le réplica, c'est ma sauvegarde », ou croire que le standby d'un Multi-AZ en instance sert les lectures.

  3. Question 3 · senior

    La facture Aurora PostgreSQL a doublé en trois mois alors que le nombre d'instances n'a pas bougé. Où regardez-vous ?

    Une bonne réponseDans Cost Explorer, la répartition entre calcul, stockage, entrées-sorties et sauvegardes. Sur Aurora Standard, chaque million d'entrées-sorties se paie : un traitement batch mal indexé ou un gros VACUUM fait monter la ligne. Quand les entrées-sorties dépassent environ 25 % de la dépense Aurora, I/O-Optimized revient moins cher, et le passage de Standard vers I/O-Optimized est possible une fois tous les 30 jours. La personne vérifie aussi la rétention des snapshots, les instances surdimensionnées, une version facturée en Extended Support et les réplicas oubliés.

    Signal d'alerteRéduire la taille des instances sans savoir quelle ligne a augmenté, ou ignorer que les entrées-sorties sont facturées sur Aurora Standard.

  4. Question 4 · confirmé

    L'application ralentit chaque jour vers 11 h sur une instance RDS for MySQL. Comment menez-vous le diagnostic ?

    Une bonne réponseDatabase Insights, qui a repris Performance Insights, sur le créneau : la charge par événement d'attente et par requête montre si la base attend le CPU, le disque, des verrous ou le réseau. Ensuite les métriques CloudWatch : CPU et crédits CPU sur une classe burstable (T3, T4g), IOPS et débit du volume face à leur plafond, connexions, mémoire libre. Puis le slow query log exporté vers CloudWatch et un EXPLAIN des requêtes en tête de liste. Le correctif vient après : index, réécriture, paramètre ou classe d'instance.

    Signal d'alertePasser directement à l'instance supérieure, sans savoir si la base attend le CPU ou le disque.

  5. Question 5 · senior

    Vous migrez une base Oracle de 3 To vers Aurora PostgreSQL avec 30 minutes de coupure au plus. Quelles étapes prévoyez-vous ?

    Une bonne réponseConversion du schéma avec AWS SCT ou DMS Schema Conversion, puis reprise à la main du code PL/SQL, des types et des séquences que l'outil ne traduit pas. Chargement complet avec DMS, suivi de la réplication continue (CDC) lue dans les journaux Oracle, avec le supplemental logging activé. Validation des données par DMS et tests de performance sur la cible. Bascule : arrêt des écritures, fin de la CDC, recalage des séquences, redirection de l'application. Un retour arrière prévu, par exemple une réplication inverse vers Oracle pendant quelques jours.

    Signal d'alerte« DMS migre tout. » DMS déplace les données et crée au mieux les tables et les clés primaires, sans les procédures, les index secondaires ni les séquences. Ou une migration sans test de performance ni retour arrière.

Recevez la fiche d'entretien complète en PDF

La fiche pour mener l'entretien de bout en bout, prête à imprimer ou à partager avec le manager.

  • 30 questions sur 6 axes, avec la bonne réponse, le signal d'alerte et la relance
  • Le niveau visé pour chaque question
  • Une mise en situation de 20 minutes et ce qu'on attend du candidat
  • La grille d'évaluation de 1 à 4, axe par axe

DBA AWS : les questions des recruteurs

Qu'attendre techniquement d'un DBA AWS ?

Un vrai niveau sur au moins un moteur, PostgreSQL, MySQL, Oracle ou SQL Server, car RDS ne fait pas l'optimisation des requêtes à sa place. Puis la connaissance d'AWS côté base : Multi-AZ et réplicas, PITR et snapshots, Aurora et sa facturation, Database Insights, DMS pour les migrations. Ajoutez IAM, KMS, les groupes de sécurité et Terraform, qui reviennent dans la plupart des offres. Sur un poste en RUN, la restauration et les montées de version comptent le plus.

Quels réflexes manquent souvent à un DBA venu du on-premise ?

Il cherche un accès au serveur qui n'existe pas, modifie les paramètres comme dans un fichier de configuration et pense en disques plutôt qu'en IOPS facturées. Il connaît mal le modèle de responsabilité partagée : ce qu'AWS garantit, ce qui reste à l'équipe. Les sujets réseau et identité (VPC, groupes de sécurité, IAM, KMS) lui sont parfois étrangers. Ces écarts se comblent vite chez un bon DBA, à condition de les repérer en entretien.

Quelle certification AWS regarder sur le CV d'un DBA ?

La certification AWS Database Specialty a été retirée en 2024. Les profils récents affichent plutôt une certification généraliste comme Solutions Architect Associate, utile pour le réseau, IAM et l'architecture, mais peu précise sur les bases. Une ancienne Database Specialty montre un intérêt réel pour le sujet. Dans tous les cas, la certification ne dit rien d'une restauration menée en production ou d'une migration DMS terminée : demandez un exemple daté.

Comment construire un test technique pour un DBA AWS ?

Partez d'une situation de production. Montrez une capture de Database Insights pendant un ralentissement et demandez une lecture, ou décrivez une suppression accidentelle et faites détailler la restauration, ou donnez un plan Terraform qui recrée une base. Trente minutes en direct, à voix haute, suffisent. Un questionnaire à choix multiples sur les services AWS mesure surtout la mémoire des noms de services et peu les réflexes d'exploitation.

Pour structurer vos autres entretiens, consultez aussi nos pages sur les questions d'entretien de recrutement, la méthode de l'entretien structuré et la grille d'évaluation d'entretien.

Les fiches voisines

Toutes les fiches →

Voyez Delectus sur vos propres offres.

Commencez gratuitement. Passez à l'échelle quand vous êtes prêt.

Demander une démo

Votre ATS, connecté à Delectus

  • Workable
  • Teamtailor
  • iCIMS
  • Lever
  • SmartRecruiters
  • Jobvite
  • Greenhouse
  • Pinpoint