En N2, ce poste traite les incidents réseau qui demandent de lire une table de routage, un état Spanning Tree ou une capture. En N3, il prend les cas les plus durs, mène l'analyse de cause racine et ouvre les dossiers chez les constructeurs et les opérateurs. Les annonces citent Cisco, Arista, Juniper ou Extreme, BGP et OSPF, parfois EVPN-VXLAN, F5 ou Palo Alto, avec des changements en production et une astreinte.
Un CV de run se ressemble d'un candidat à l'autre : « résolution d'incidents N2/N3 ». Le dernier incident difficile se raconte dans l'ordre : le symptôme, la première commande, la piste écartée, la preuve qui a tranché, ce qui a été changé ensuite. Un bon ingénieur support cite des horodatages, des compteurs et des captures. Un profil plus faible raconte qu'il a redémarré l'équipement et que tout est revenu.
L'escalade et les changements ont aussi leur temps dans l'entretien. La façon de remplir un dossier constructeur ou de traiter un avis de sécurité sur 40 routeurs dit beaucoup du niveau réel. Le PDF contient les 30 questions de l'entretien et un cas de coupures intermittentes sur un site distant.
L'environnement technique du support réseau N2/N3
Routage BGP et OSPF
OSPF à l'intérieur du réseau, BGP vers les opérateurs, le cloud ou entre sites. Le support lit les voisinages, les tables et les attributs pour comprendre pourquoi un trafic prend tel chemin. C'est le premier sujet technique à vérifier.
Commutation et redondance
VLAN, Spanning Tree, agrégation de liens, HSRP ou VRRP, paires vPC ou MLAG en datacenter. La plupart des coupures courtes et répétées viennent de cette couche, et se diagnostiquent par les journaux et les tables d'adresses MAC.
Fabric EVPN-VXLAN
Architecture de datacenter qui transporte les VLAN au-dessus d'un réseau routé, avec BGP EVPN pour annoncer les adresses. On la trouve chez les grands comptes et les hébergeurs ; le support doit y retrouver où une adresse est apprise et annoncée.
Wireshark et tcpdump
Les outils de capture et d'analyse des paquets. Ils servent à trancher entre réseau et application, à prouver un problème de MTU ou une asymétrie. Le candidat doit dire ce qu'il regarde en premier dans une capture.
Supervision et journaux
SNMP, syslog, NetFlow ou IPFIX, télémétrie, dans des outils comme Centreon, Zabbix, PRTG, LibreNMS ou une solution du constructeur. Le support s'en sert pour dater un incident et voir son étendue.
Outil ITSM
ServiceNow, Jira Service Management, EasyVista ou GLPI pour les incidents, problèmes et changements. Le vocabulaire suit souvent ITIL 4 ou ITIL (Version 5). Le support y trace sa chronologie et ses escalades.
Support constructeur et opérateur
Dossiers ouverts au TAC de Cisco ou au support de Juniper, Arista, Fortinet, et tickets opérateur avec délai de rétablissement contractuel. La qualité du dossier fixe la vitesse de la réponse.
Archive des configurations
Oxidized, RANCID ou l'outil du constructeur sauvegardent la configuration après chaque changement. Pour le support, c'est le moyen de savoir ce qui a changé avant un incident.
On recrute ce poste chez les grands comptes, les hébergeurs, les opérateurs, les intégrateurs et les infogérants. Le N2 traite les incidents courants et les changements standards avec des procédures. Le N3 prend les cas complexes, conduit les analyses de cause racine, écrit les procédures du N2 et parle aux constructeurs. Les annonces demandent de deux à plus de dix ans d'expérience selon le niveau, l'anglais pour les dossiers constructeur, et une astreinte est fréquente. Le CCNP ou une certification équivalente est souvent cité comme un plus.
Six compétences attendues d'un ingénieur support réseau
- Diagnostic du routage BGP et OSPF
- Commutation, redondance et datacenter
- Captures et analyse de trafic
- Incidents majeurs et escalade
- Cause racine et changements
- Supervision et journaux
Les incidents réseau soumis en entretien
Chaque question vient avec ce qu'une bonne réponse contient et le signal qui doit vous alerter. Pas besoin d'être technique pour les poser : écoutez si le candidat raconte du vécu.
Question 1 · confirmé à senior
La session BGP vers l'opérateur tombe aux heures de pointe, quand le lien approche la saturation. Les journaux indiquent « hold time expired ». Comment cherchez-vous la cause ?
Une bonne réponseLe message dit que le routeur n'a reçu ni keepalive ni mise à jour pendant tout le hold time, 180 secondes par défaut chez Cisco avec des keepalives toutes les 60 secondes. Avec la saturation, il soupçonne des paquets BGP perdus dans les files d'attente, d'un côté ou de l'autre. Il lit les pertes en sortie de l'interface et par classe de QoS, vérifie que le trafic de contrôle est marqué et servi en priorité (CS6), regarde la charge CPU et la protection du plan de contrôle. Il compare les heures des coupures avec les courbes de charge et ouvre le dossier opérateur avec ces horodatages, en demandant comment l'opérateur traite ce trafic de son côté.
Signal d'alerteRéinitialiser la session en boucle, ou réduire les timers sans voir que la congestion fera tomber la session encore plus vite.
Question 2 · confirmé
Les utilisateurs d'un bâtiment perdent le réseau quelques secondes plusieurs fois par jour, et les commutateurs journalisent des changements de topologie Spanning Tree. Comment trouvez-vous l'origine ?
Une bonne réponseIl suit les notifications de changement de topologie : le détail Spanning Tree indique l'interface d'où vient le dernier changement, puis il remonte de commutateur en commutateur jusqu'au port qui rebondit. Souvent, c'est un port d'accès sans mode edge (portfast) dont l'équipement redémarre. Il vérifie aussi que la racine est bien placée sur le cœur et que les protections (BPDU guard, root guard) sont en place.
Signal d'alerteDésactiver Spanning Tree pour arrêter les coupures.
Question 3 · confirmé à senior
L'équipe applicative accuse le réseau d'une lenteur entre deux sites. Vous capturez des deux côtés en même temps. Que comparez-vous pour trancher ?
Une bonne réponseIl vérifie d'abord que les deux points de capture ont une heure synchronisée par NTP. Il suit les mêmes paquets aux deux bouts : ceux émis d'un côté et absents de l'autre (pertes), le délai entre l'envoi et la réception, les retransmissions et les accusés en double, les paquets réordonnés, et ce qui a changé en route (MSS réécrit, marquage DSCP remis à zéro, adresses traduites). Puis il mesure le temps entre la requête et la réponse du serveur : si le réseau livre vite et que le serveur tarde, la lenteur est applicative. Il remet une chronologie chiffrée aux deux équipes.
Signal d'alerteUne seule capture côté poste, lue sans horodatage, et une conclusion « c'est le réseau » ou « c'est l'appli ».
Question 4 · senior
Un incident majeur coupe trois sites distants. Vous êtes le N3 de permanence. Comment organisez-vous la première demi-heure ?
Une bonne réponseIl confirme l'étendue avec la supervision et cherche le point commun : même opérateur, même concentrateur, changement récent. Il fait qualifier l'incident en priorité maximale, prévient le responsable ou le gestionnaire d'incident, ouvre une conférence et note une chronologie horodatée. Les vérifications rapides portent sur les liens WAN et le routage du concentrateur, le dossier opérateur s'ouvre avec les références des liens. Il vise d'abord le rétablissement, par contournement si besoin, et donne des points réguliers.
Signal d'alertePartir seul dans les configurations pendant une heure sans prévenir personne ni ouvrir de dossier opérateur.
Question 5 · senior
Le même incident revient chaque lundi matin sur un site depuis un mois. Comment menez-vous l'analyse de cause racine ?
Une bonne réponseIl ouvre un problème et rassemble toutes les occurrences avec leurs heures exactes. Il cherche ce qui se répète le lundi : sauvegardes du week-end, tâches planifiées, redémarrages, baux DHCP, changements, montée de charge à l'arrivée des équipes. Il croise journaux et supervision, pose une hypothèse et la teste. La cause trouvée, il corrige par un changement et enregistre le contournement et la solution dans la base des erreurs connues.
Signal d'alerteTraiter chaque lundi comme un nouvel incident, ou s'arrêter à « ça revient tout seul ».
Recevez la fiche d'entretien complète en PDF
La fiche pour mener l'entretien de bout en bout, prête à imprimer ou à partager avec le manager.
- 30 questions sur 6 axes, avec la bonne réponse, le signal d'alerte et la relance
- Le niveau visé pour chaque question
- Une mise en situation de 20 minutes et ce qu'on attend du candidat
- La grille d'évaluation de 1 à 4, axe par axe
Ingénieur support réseau : les questions fréquentes
Qu'est-ce qui sépare un ingénieur support N2 d'un N3 ?
Le N2 résout les incidents connus avec des procédures et fait les changements standards. Le N3 prend ce qui n'a pas de procédure : il mène l'enquête, lit les captures, ouvre les dossiers constructeur et écrit les procédures que le N2 utilisera. En entretien, la différence s'entend dans la méthode. Un N3 explique comment il a prouvé une cause, un N2 comment il a appliqué une solution.
Le CCNP est-il nécessaire pour un poste de support réseau ?
Il aide, surtout en N3, parce qu'il couvre le routage et la commutation au niveau attendu. Il n'est pas indispensable. Beaucoup de bons ingénieurs support ont appris en production. Mieux vaut vérifier la lecture d'une table BGP, d'un état Spanning Tree et d'une capture. Pour un environnement Juniper, Arista ou Fortinet, les certifications de ces constructeurs comptent autant.
Comment monter un test technique réaliste pour le support réseau ?
Le candidat reçoit des sorties de commandes réelles anonymisées : un voisinage BGP qui tombe, une table MAC qui change, une capture avec des retransmissions. Il dit ce qu'il en lit et ce qu'il ferait ensuite. Un dossier constructeur à rédiger à partir d'un incident fictif complète bien l'exercice. Une heure suffit pour couvrir le N2 comme le N3.
L'astreinte se discute-t-elle dès le premier entretien ?
Oui. Le rythme, les horaires, le délai d'intervention attendu, le mode d'accès à distance et la compensation prévue sont à poser clairement. Sur le plan technique, le candidat raconte comment il travaillait en astreinte : les outils dont il disposait la nuit, ce qu'il traitait seul et ce qu'il escaladait. Les réponses montrent son autonomie réelle sur un incident sans renfort.
Pour structurer vos autres entretiens, consultez aussi nos pages sur les questions d'entretien de recrutement, la méthode de l'entretien structuré et la grille d'évaluation d'entretien.





