Microsoft Configuration Manager reste en place dans beaucoup de parcs Windows, souvent sous son ancien nom SCCM dans les CV et les offres. Le poste couvre le déploiement d'OS par séquences de tâches et PXE, la distribution des applications et des mises à jour, l'inventaire et les rapports. La branche actuelle reçoit deux à trois versions par an (2509, 2603, puis 2609 en septembre 2026), chacune supportée 18 mois.
Le contexte a beaucoup bougé. MDT est retiré et son intégration n'est plus supportée, WSUS n'évolue plus, le HTTP client a été abandonné au profit de HTTPS ou du HTTP amélioré, et la plupart des parcs passent en co-gestion avec Intune. Un candidat resté sur des séquences MDT et une hiérarchie figée depuis des années aura du rattrapage. La version de son dernier site et ce qu'il a retiré de ses séquences en disent long.
Le métier reste très technique : SQL, WMI, journaux du client, bande passante des agences. Il faut distinguer l'administrateur qui exploite la console de l'ingénieur qui a conçu une hiérarchie ou mené une montée de version. Le PDF déroule l'entretien complet avec 30 questions, un cas de 20 minutes et une grille.
Les briques d'une infrastructure Configuration Manager
Serveur de site et base SQL Server
Le socle : un site principal, parfois un site d'administration centrale au-dessus, sa base SQL Server et le fournisseur SMS. Configuration, inventaire et états y sont stockés. La sauvegarde du site et la maintenance de la base conditionnent la reprise après incident.
Points de distribution
Les serveurs qui portent le contenu (applications, images, mises à jour) au plus près des postes. Des groupes de limites indiquent à chaque client où se servir. PXE, multicast et cache pair à pair complètent le dispositif dans les agences sans serveur.
Déploiement d'OS (OSD)
Les séquences de tâches installent Windows depuis WinPE : partitionnement, image, pilotes par modèle, jointure au domaine, applications, BitLocker. Le journal smsts.log retrace chaque étape. Depuis le retrait de MDT, les séquences doivent tourner avec les seules étapes natives de Configuration Manager.
Point de mise à jour logicielle et WSUS
Configuration Manager s'appuie sur WSUS pour synchroniser le catalogue Microsoft, puis distribue les correctifs par règles de déploiement automatique et fenêtres de maintenance. WSUS n'est plus développé mais reste fonctionnel, ce qui pousse beaucoup d'équipes à confier les mises à jour Windows à Intune par la co-gestion.
Applications et Centre logiciel
Le modèle d'application décrit types de déploiement, méthode de détection, exigences, dépendances et remplacement. L'utilisateur trouve les applications mises à disposition dans le Centre logiciel. Les packages avec programme restent utilisés pour les scripts et dans les séquences de tâches.
Co-gestion et CMG
Un poste peut être géré à la fois par Configuration Manager et par Intune. On bascule les charges une à une : conformité, mises à jour Windows, configuration, Endpoint Protection, applications Office, applications clientes. La passerelle de gestion cloud (CMG), hébergée dans Azure, gère les postes qui ne reviennent plus sur le réseau de l'entreprise.
Collections, inventaire et rapports
Les collections regroupent les postes par requêtes WQL sur l'inventaire matériel et logiciel. Les rapports passent par SQL Server Reporting Services et les vues SQL de la base. Une collection mal écrite, ou réévaluée trop souvent, ralentit tout le site.
Journaux du client, CMTrace et PowerShell
Le client consigne tout dans C:\Windows\CCM\Logs : AppEnforce.log pour les applications, UpdatesDeployment.log et WUAHandler.log pour les mises à jour, LocationServices.log pour les limites. CMTrace les rend lisibles, et le module PowerShell ConfigurationManager automatise la création d'applications et de déploiements.
Le poste se rencontre surtout sur les parcs importants, avec des agences et des postes encore réinstallés par image. En mission, il s'agit souvent de remonter une hiérarchie restée sur une version hors support, de retirer MDT des séquences, de passer au HTTP amélioré ou de préparer la co-gestion avant une bascule vers Intune. D'autres postes restent dans le run : correctifs mensuels, demandes de déploiement, support N3 aux techniciens de proximité. Le MD-102 couvre la co-gestion mais pas l'administration d'un site Configuration Manager, qui se vérifie en entretien.
Ce qu'un ingénieur SCCM doit savoir faire seul
- Architecture du site, SQL et montée de version
- Déploiement d'OS par séquences de tâches
- Distribution du contenu et groupes de limites
- Applications et mises à jour logicielles
- Co-gestion, CMG et passage à Intune
- Diagnostic du client, WQL et rapports
Cinq questions MECM et les réponses à attendre
Chaque question vient avec ce qu'une bonne réponse contient et le signal qui doit vous alerter. Pas besoin d'être technique pour les poser : écoutez si le candidat raconte du vécu.
Question 1 · confirmé
Une séquence de tâches échoue sur un seul modèle de portable, juste après l'application de l'image. Comment menez-vous l'enquête ?
Une bonne réponseIl récupère smsts.log, dont l'emplacement change selon la phase (X:\Windows\Temp\SMSTSLog sous WinPE, puis C:\_SMSTaskSequence\Logs ou C:\Windows\CCM\Logs\SMSTSLog), et le lit avec CMTrace autour du code d'erreur. Sur un seul modèle, il pense d'abord aux pilotes : paquet de pilotes absent ou mal ciblé par la condition WMI, pilote de stockage ou réseau manquant dans l'image de démarrage, réglages du BIOS (UEFI, Secure Boot, mode du contrôleur de disque). Il active la console de commande (F8) sur l'image de démarrage de test pour inspecter le poste pendant l'échec.
Signal d'alerteRelancer la séquence plusieurs fois, ou réunir tous les pilotes du constructeur dans un seul gros paquet pour tous les modèles.
Question 2 · confirmé
Les postes d'une agence téléchargent leurs applications depuis le point de distribution du siège, à travers un lien lent. Où est l'erreur ?
Une bonne réponseDans les limites et les groupes de limites. La plage d'adresses de l'agence n'est pas dans un groupe de limites associé à son point de distribution local, ou les relations de secours laissent le client basculer trop vite vers le siège. Il lit ClientLocation.log et LocationServices.log sur un poste, puis CAS.log et ContentTransferManager.log pour le téléchargement. Il cite le cache pair à pair et BranchCache pour les agences sans serveur.
Signal d'alerteAugmenter le débit du lien, ou installer un point de distribution dans l'agence sans toucher aux limites.
Question 3 · confirmé
Une application est déployée en obligatoire sur 4 000 postes et 300 restent en erreur 0x87D00324. Que vous dit ce code, et que faites-vous ?
Une bonne réponseL'installation s'est terminée mais la méthode de détection ne trouve pas l'application. Il compare la détection avec ce que l'installateur a réellement posé (code produit MSI, version de fichier, chemin 32 ou 64 bits, valeur de registre), lit AppEnforce.log et AppDiscovery.log sur un poste en erreur, et vérifie si l'installateur a renvoyé un succès sans rien installer. Il corrige la détection, pas l'installation, puis laisse le cycle d'évaluation reprendre.
Signal d'alerteRelancer le déploiement sur les 300 postes sans ouvrir de journal.
Question 4 · senior
Le client veut passer en co-gestion pour confier les mises à jour Windows à Intune. Comment procédez-vous, et qu'est-ce qui reste dans Configuration Manager ?
Une bonne réponsePrérequis : postes joints en hybride à Entra ID (ou joints à Entra ID avec le client installé), inscription automatique à Intune, licences, version de site supportée. Il active la co-gestion sur une collection pilote et déplace le curseur de la charge Windows Update vers Intune pour ce pilote. Il désactive ensuite les mises à jour logicielles dans les paramètres client de Configuration Manager pour ces postes, sinon les deux sources se contredisent. Applications, OSD, inventaire et configuration restent gérés par Configuration Manager jusqu'à une bascule explicite.
Signal d'alerteBasculer toutes les charges sur tous les postes en une fois, ou ignorer le paramètre client des mises à jour logicielles.
Question 5 · senior
Votre site est en version 2503, hors support depuis le 30 septembre 2026. Comment préparez-vous la montée de version ?
Une bonne réponseIl vérifie que la mise à jour est proposée dans Mises à jour et maintenance, lit les notes de version (fonctions retirées, prérequis de SQL Server, du Windows ADK ou de .NET), sauvegarde le site et la base, puis lance le contrôle des prérequis. Il teste le nouveau client sur une collection de préproduction avant de le généraliser, met à jour les consoles et les sites secondaires, et suit CMUpdate.log. Il pense à l'ADK et aux images de démarrage, qui doivent correspondre aux versions de Windows déployées.
Signal d'alerteLancer la mise à jour un vendredi soir sans sauvegarde ni lecture des prérequis.
Recevez la fiche d'entretien complète en PDF
La fiche pour mener l'entretien de bout en bout, prête à imprimer ou à partager avec le manager.
- 30 questions sur 6 axes, avec la bonne réponse, le signal d'alerte et la relance
- Le niveau visé pour chaque question
- Une mise en situation de 20 minutes et ce qu'on attend du candidat
- La grille d'évaluation de 1 à 4, axe par axe
SCCM et MECM : les questions fréquentes
SCCM, MECM, ConfigMgr : s'agit-il du même outil ?
Oui. System Center Configuration Manager est devenu Microsoft Endpoint Configuration Manager en 2019, puis Microsoft Configuration Manager en 2022, quand Microsoft a rangé ses outils de gestion des postes sous la marque Intune. Les CV et les offres mélangent les trois noms, et ConfigMgr reste l'abréviation courante. En entretien, la version administrée compte davantage que le nom : une personne qui n'a pas touché un site depuis 2023 n'a connu ni le retrait de MDT ni l'abandon du HTTP pour les clients.
Configuration Manager a-t-il encore un avenir face à Intune ?
Microsoft continue de publier des versions : la 2609, sortie en septembre 2026, est supportée jusqu'en mars 2028, et l'OSD reste supporté pour les parcs sur site. La tendance va vers la co-gestion et le transfert progressif des charges à Intune. Le profil recherché connaît les deux outils, capable de tenir l'existant tout en préparant la bascule, sans défendre l'un ou l'autre par habitude.
Quel test technique pour un ingénieur SCCM ?
Un extrait de smsts.log ou d'AppEnforce.log avec une erreur réelle, à lire à voix haute, suffit à séparer ceux qui ont dépanné des séquences de ceux qui les ont seulement lancées. S'y ajoutent une requête de collection à écrire sur papier et un schéma de groupes de limites pour une agence. Une demi-heure suffit, pendant l'entretien plutôt qu'en devoir à rendre.
Un ingénieur MECM doit-il aussi savoir packager ?
Il doit savoir créer une application, écrire une méthode de détection fiable, lire un journal d'installation MSI et trouver les paramètres silencieux d'un installateur courant. Le repackaging complet, les transforms complexes et la conversion vers MSIX relèvent plutôt d'un ingénieur packaging. Si l'équipe n'en a pas, l'offre le précise et l'entretien comporte quelques questions sur Windows Installer.
Pour structurer vos autres entretiens, consultez aussi nos pages sur les questions d'entretien de recrutement, la méthode de l'entretien structuré et la grille d'évaluation d'entretien.





