Les opérateurs mobiles, les constructeurs (Ericsson, Nokia, Huawei) et les intégrateurs qui travaillent pour eux cherchent des ingénieurs cœur de réseau pour concevoir, intégrer et exploiter l'EPC de la 4G et le cœur 5G. Le poste couvre l'architecture, les montées de version, le dimensionnement et le support de niveau 3. Il se spécialise souvent : cœur paquet (AMF, SMF, UPF), gestion des données d'abonnés (HSS, UDM), IMS pour la voix, interconnexion et itinérance.
Les questions d'entretien d'un ingénieur cœur de réseau doivent partir d'une procédure. Un candidat qui a vraiment travaillé sur un cœur 5G décrit l'enregistrement d'un terminal ou l'ouverture d'une session PDU message par message, et dit où il regarderait dans une trace. Un profil plus théorique récite la liste des fonctions sans savoir laquelle répond à laquelle. Les normes 3GPP sont en anglais, comme une bonne partie des échanges avec les constructeurs.
Le cœur 5G tourne désormais en fonctions conteneurisées sur Kubernetes. L'entretien vérifie donc aussi comment la personne met à jour une fonction réseau sans couper les sessions, et ce qu'elle sait de la plate-forme qui l'héberge. Le PDF contient 30 questions, un cas de 20 minutes et une grille.
EPC, 5GC, IMS : les briques du cœur mobile
EPC, le cœur de la 4G
La MME gère l'attachement et la mobilité, la SGW et la PGW portent les sessions de données, le HSS garde les profils d'abonnés et la PCRF applique les règles de qualité de service. La signalisation passe en GTP-C et en Diameter. L'EPC sert encore la 4G et la 5G non autonome (NSA), donc il reste dans tous les réseaux.
5GC et architecture à base de services
Le cœur 5G découpe les rôles en fonctions qui se parlent en HTTP/2 sur des API : l'AMF pour l'accès et la mobilité, la SMF pour les sessions, l'UPF pour le trafic, l'UDM et l'AUSF pour les abonnés et l'authentification, la PCF pour les règles, la NRF comme annuaire. Un candidat doit savoir quelle fonction appelle laquelle dans une procédure courante.
Plan usager : UPF, GTP-U et PFCP
Le trafic des abonnés traverse l'UPF dans des tunnels GTP-U, depuis l'antenne. La SMF pilote l'UPF par le protocole PFCP, en lui envoyant des règles de détection, de transfert et de qualité de service. C'est la partie la plus chargée en débit, et celle qui se rapproche des sites pour réduire la latence.
NSA, SA et interfonctionnement 4G/5G
En 5G non autonome, l'antenne 5G s'appuie sur une antenne 4G et sur l'EPC. En 5G autonome (SA), le terminal parle au cœur 5G. Les deux cœurs coexistent avec des fonctions combinées (SMF et PGW-C, UPF et PGW-U) et une interface entre AMF et MME pour passer de l'un à l'autre. Beaucoup de pannes de mobilité se jouent là.
IMS et voix sur la 4G et la 5G
L'IMS porte la voix en SIP : P-CSCF au contact du terminal, I-CSCF et S-CSCF pour le routage et le service, serveur d'application téléphonique. Sur la 4G, c'est la VoLTE. Sur la 5G SA, la voix passe en VoNR ou bascule sur la 4G (EPS fallback). Les opérateurs ont annoncé l'arrêt de la 2G et de la 3G : toute la voix passera alors par ce chemin.
Itinérance et interconnexion
Les réseaux partenaires s'échangent la signalisation et le trafic par un réseau d'échange (IPX). En 4G, cela passe par des agents Diameter et des tunnels GTP. En 5G SA, chaque opérateur place un SEPP en frontière, qui protège et filtre les échanges d'API. Les recommandations GSMA (IR.88 pour la 4G, NG.113 pour la 5G) cadrent ces accords.
Cloud-native : CNF, Kubernetes et telco cloud
Les fonctions du cœur tournent en conteneurs sur des plates-formes Kubernetes fournies par le constructeur ou par un tiers comme Red Hat OpenShift, parfois encore en machines virtuelles. L'ingénieur cœur n'administre pas toujours la plate-forme, mais il doit comprendre la redondance, les mises à jour progressives et ce qui se passe quand un nœud tombe.
Traces de signalisation et sondes
Wireshark, les sondes du réseau et les outils de trace des constructeurs servent à suivre une procédure message par message. Lire une réponse HTTP/2 en erreur, une cause de rejet NAS ou un code Diameter fait partie du quotidien. Le candidat doit pouvoir commenter une trace réelle, anonymisée.
Chez un opérateur, l'ingénieur cœur de réseau conçoit les évolutions, prépare les montées de version, dimensionne et intervient en niveau 3, avec astreinte. Chez un constructeur ou un intégrateur, il intègre, recette et dépanne les fonctions réseau chez un ou plusieurs opérateurs, souvent en anglais et parfois à l'étranger. Le poste porte des noms variés : ingénieur core network, ingénieur packet core, ingénieur SDM, ingénieur IMS. Les offres demandent souvent cinq ans d'expérience et plus, car la rigueur sur un réseau qui sert des millions d'abonnés se construit en exploitation. Les normes 3GPP évoluent par releases : la Release 19, deuxième release de la 5G-Advanced, est terminée depuis fin 2025.
Points à contrôler chez un ingénieur cœur de réseau
- Architecture 3GPP EPC et 5GC
- Procédures d'enregistrement, de session et de mobilité
- Plan usager, PFCP et QoS
- Itinérance, interconnexion et sécurité
- Fonctions conteneurisées et exploitation
- Analyse de traces de signalisation
Cinq questions qui révèlent la pratique du cœur 4G et 5G
Chaque question vient avec ce qu'une bonne réponse contient et le signal qui doit vous alerter. Pas besoin d'être technique pour les poser : écoutez si le candidat raconte du vécu.
Question 1 · confirmé
Depuis une mise à jour de l'UDM, des abonnés 5G SA n'arrivent plus à s'enregistrer. Que cherchez-vous dans les traces ?
Une bonne réponseIl suit l'enregistrement : demande NAS du terminal vers l'AMF, appel de l'AUSF, qui demande un vecteur d'authentification à l'UDM, puis enregistrement de l'AMF auprès de l'UDM et lecture du profil. Il cherche la première réponse HTTP/2 en erreur et la cause de rejet NAS renvoyée au terminal. Une piste forte après une mise à jour : l'UDM ne déchiffre plus le SUCI (identifiant masqué) parce que la clé ou son identifiant a changé. Il compare avec les abonnés qui passent, par profil ou par plage d'identifiants.
Signal d'alerte« Je redémarre l'AMF », ou une réponse qui ne cite aucune fonction entre le terminal et l'UDM.
Question 2 · confirmé
La session PDU s'établit, l'abonné reçoit son adresse IP, mais aucune donnée ne passe. Où cherchez-vous ?
Une bonne réponseDans le plan usager. Il vérifie que la session PFCP entre la SMF et l'UPF contient les bonnes règles, puis que l'identifiant de tunnel de l'antenne, reçu après l'établissement côté radio, a bien été transmis à l'UPF par une modification de session : sinon le montant passe et le descendant se perd. Il regarde ensuite le tunnel GTP-U sur l'interface N3, le routage de la plage d'adresses des abonnés vers l'UPF côté N6, la MTU avec l'en-tête GTP et le DNS.
Signal d'alerteAccuser la radio sans regarder l'UPF, ou ne pas connaître le rôle du PFCP.
Question 3 · senior
Un partenaire d'itinérance ouvre la 5G SA. Qu'est-ce qui change par rapport à la 4G dans les échanges entre vos deux réseaux ?
Une bonne réponseEn 4G, la signalisation passe en Diameter par des agents de routage et le trafic en GTP sur l'interface S8, souvent en routage par le réseau d'origine. En 5G SA, les fonctions se parlent en HTTP/2 à travers un SEPP de chaque côté, qui négocie la sécurité (TLS ou protection au niveau applicatif) et filtre les messages. Le trafic peut passer d'une UPF visitée à l'UPF d'origine. Il cite la gestion des certificats, les tests avec le partenaire, la place de l'IPX et le retour en 4G quand la 5G SA n'est pas ouverte.
Signal d'alerte« C'est pareil qu'en 4G », ou aucune mention du SEPP.
Question 4 · senior
Vous mettez à jour une SMF conteneurisée sur Kubernetes en production. Comment évitez-vous de couper les sessions ?
Une bonne réponseIl s'appuie sur la redondance prévue : plusieurs instances ou deux sites, retrait de l'instance de la NRF ou de la répartition pour qu'elle ne reçoive plus de nouvelles sessions, puis mise à jour progressive des pods. Il vérifie comment l'état des sessions est conservé (stockage partagé ou réplication), la compatibilité avec la version de la plate-forme, les budgets d'interruption des pods et les ressources disponibles. Il suit le taux de réussite des sessions pendant l'opération et garde un retour arrière prêt.
Signal d'alerte« Kubernetes s'en occupe », ou une mise à jour de toutes les instances d'un coup.
Question 5 · junior à confirmé
Un abonné voit le logo 5G sur son téléphone, mais l'équipe affirme qu'il passe par l'EPC. Expliquez à un collègue non spécialiste.
Une bonne réponseIl est en 5G non autonome : le téléphone s'accroche à une antenne 4G, qui reste l'ancre de la signalisation vers la MME et l'EPC, et une antenne 5G ajoute du débit (double connectivité). Le cœur 5G n'intervient pas. En 5G autonome, le terminal s'enregistre auprès de l'AMF. Il cite ce que seul le SA apporte, comme le découpage du réseau (slicing) et la VoNR, et ce que cela change pour le cœur (fonctions combinées, interface AMF-MME).
Signal d'alerte« Le logo ment », sans expliquer la différence entre NSA et SA.
Recevez la fiche d'entretien complète en PDF
La fiche pour mener l'entretien de bout en bout, prête à imprimer ou à partager avec le manager.
- 30 questions sur 6 axes, avec la bonne réponse, le signal d'alerte et la relance
- Le niveau visé pour chaque question
- Une mise en situation de 20 minutes et ce qu'on attend du candidat
- La grille d'évaluation de 1 à 4, axe par axe
Ingénieur core network : questions fréquentes
Cœur paquet, SDM, IMS : quelle spécialité viser dans l'offre ?
Le cœur paquet (AMF, SMF, UPF, MME, SGW et PGW) est le plus recherché, avec la mobilité et le trafic de données. La gestion des données d'abonnés (HSS, UDM, UDR, AUSF) demande une vraie rigueur sur le provisioning et la sécurité. L'IMS concerne la voix (VoLTE, VoNR) et le SIP opérateur. L'offre précise la spécialité : un excellent profil cœur paquet n'est pas forcément à l'aise sur l'IMS, et un entretien qui mélange tout le pénalise à tort.
Faut-il lire les normes 3GPP pour tenir le poste ?
Oui, au moins les spécifications d'architecture et de procédures du domaine (par exemple TS 23.501 et TS 23.502 pour la 5G). Un ingénieur cœur de réseau ne les connaît pas par cœur, mais il sait y retrouver une procédure ou un code d'erreur et suivre ce qui change d'une release à l'autre. La spécification que la personne a ouverte récemment, et pour quel problème, en dit long. La réponse dit beaucoup de sa pratique.
Quel test technique proposer à un ingénieur cœur de réseau ?
Une trace de signalisation anonymisée, ouverte dans Wireshark ou imprimée, sur une procédure qui échoue : un enregistrement refusé, une session PDU sans trafic ou un attachement 4G rejeté. En vingt minutes, le candidat dit où se situe l'échec, quelle fonction en est responsable et ce que la personne vérifierait ensuite. L'exercice montre vite qui a déjà lu des traces en exploitation et qui connaît seulement les schémas d'architecture.
Que change le cœur cloud-native pour le profil recherché ?
Il ajoute une couche de compétences. En plus des procédures 3GPP, l'ingénieur doit comprendre les conteneurs, Kubernetes, la redondance entre instances, les mises à jour progressives et la supervision par métriques. Il n'est pas forcément administrateur de la plate-forme, mais il dialogue avec l'équipe qui la tient. Un profil qui n'a connu que des équipements physiques peut monter en compétence, à condition de montrer une curiosité concrète pour ces outils.
Pour structurer vos autres entretiens, consultez aussi nos pages sur les questions d'entretien de recrutement, la méthode de l'entretien structuré et la grille d'évaluation d'entretien.





