Le poste se trouve surtout chez les sous-traitants des opérateurs et des gestionnaires de pylônes, en CDI comme en intérim, avec un véhicule et un secteur géographique large. Les annonces demandent un bac pro ou un BTS en électrotechnique, maintenance ou télécoms, le permis B, une formation au travail en hauteur et des habilitations électriques précises (B0, H0V, BR, BC, B2V selon les offres), plus l'AIPR chez certains employeurs.
Deux profils se présentent. Les uns viennent de l'électricité ou de la maintenance et connaissent la consignation, mais découvrent la radio. Les autres ont déjà monté des antennes et parlent de ROS, de PIM et de swap, sans toujours maîtriser l'énergie du site. Il s'agit de repérer lequel se présente, puis de vérifier la sécurité dans les deux cas : un technicien qui monte seul ou passe devant une antenne en émission sera un risque, quel que soit son niveau radio.
Face à une fiche de site anonymisée et une courbe de distance au défaut, la personne dit ce qu'elle en tire et ce qu'elle ferait sur place. Le PDF associé contient 30 questions sur six axes, un cas pratique de 20 minutes et une grille de notation.
Équipements et outils d'un site radio mobile
Bande de base et modules radio (BBU, RRU)
La bande de base, dans la baie ou le shelter, traite les signaux et pilote les modules radio installés près des antennes. Ericsson, Nokia, Huawei et Samsung en fabriquent, chacun avec ses noms et ses logiciels. Le technicien remplace ces modules et les raccorde ; la configuration est chargée à distance par une équipe d'intégration.
Antennes, jarretières et réglage du tilt
Chaque secteur porte une ou plusieurs antennes multibandes orientées selon un azimut, avec un tilt mécanique ou électrique. Le tilt électrique se règle à distance par un moteur piloté selon le protocole AISG. Les jarretières coaxiales relient RRU et antennes ; leur serrage et leur étanchéité font la qualité de la chaîne.
Fibre optique et modules SFP
Des fibres relient la bande de base aux modules radio, avec des modules optiques enfichables à chaque bout. Un connecteur sale, une fibre pliée ou un module défaillant font tomber les cellules. Le nettoyage et l'inspection au microscope font partie du geste de base.
Énergie du site : redresseurs 48 V et batteries
Les équipements radio fonctionnent en courant continu, le plus souvent en -48 V, fourni par des redresseurs alimentés par le secteur. Des batteries prennent le relais en cas de coupure pendant quelques heures. Le technicien lit les alarmes d'énergie, remplace un module redresseur et connaît les risques d'un parc de batteries.
Analyseur de câbles et d'antennes
Il mesure le ROS ou la perte de retour de la chaîne et localise un défaut par distance au défaut. Les modèles portables d'Anritsu ou de Viavi sont courants sur les sites. Le calibrage avant chaque mesure et l'état des cordons conditionnent la fiabilité du relevé.
Testeur de PIM
Il détecte l'intermodulation passive créée par un connecteur mal serré, une pièce oxydée ou un objet métallique proche de l'antenne. Certains opérateurs l'exigent à la recette. Certaines annonces en font un atout explicite.
Équipements de travail en hauteur
Harnais, longes, antichute sur ligne de vie, casque, et matériel de levage pour monter les pièces. Le Code du travail impose la protection collective d'abord, puis l'antichute individuelle, et interdit de laisser seul un travailleur qui l'utilise. La formation et la vérification périodique des EPI sont à jour.
GMAO, application mobile et comptes rendus
Les ordres de travail arrivent dans un outil de gestion de maintenance ou une application mobile. Le technicien y saisit ses heures, ses actions, ses pièces et ses photos. La qualité de ces saisies conditionne la facturation et la recette par l'opérateur.
Le technicien télécom mobile travaille pour des entreprises de travaux et de maintenance qui interviennent pour les opérateurs mobiles et les sociétés qui possèdent les pylônes. Selon l'employeur, il fait surtout de l'installation et du swap sur sites neufs ou existants, surtout de la maintenance préventive et corrective, ou un mélange des deux. Il part seul ou en binôme sur un secteur géographique, avec astreinte dans certaines équipes. Le travail en hauteur, la conduite et la météo font partie du quotidien. Les spécialisations voisines sont le monteur antennes, le technicien de maintenance de sites radio et le technicien faisceaux hertziens.
Ce que le technicien télécom mobile doit maîtriser sur site
- Architecture d'un site radio
- Sécurité en hauteur, électrique et exposition
- Mesures ROS, distance au défaut et PIM
- Swap, intégration et remise en service
- Lecture des alarmes et dialogue avec le NOC
- Remplacement de modules et compte rendu
Questions de terrain en entretien de technicien télécom mobile
Chaque question vient avec ce qu'une bonne réponse contient et le signal qui doit vous alerter. Pas besoin d'être technique pour les poser : écoutez si le candidat raconte du vécu.
Question 1 · débutant à confirmé
Sur un site 4G et 5G, décrivez le chemin du signal depuis l'arrivée de la fibre de collecte jusqu'à l'antenne. Où se trouve chaque équipement ?
Une bonne réponseIl part de la transmission (fibre de collecte ou faisceau hertzien) qui arrive dans la baie ou le shelter, puis de l'unité de bande de base (BBU, ou baseband selon le constructeur). De là partent des fibres optiques vers les modules radio (RRU), placés en général en haut du pylône près des antennes. Entre chaque RRU et son antenne, des jarretières coaxiales courtes. Il situe aussi l'énergie (redresseurs 48 V et batteries), le GPS de synchronisation et les alarmes du site.
Signal d'alerteUne liste de boîtiers sans ordre, ou l'idée que l'antenne reçoit directement la fibre depuis le local technique.
Question 2 · confirmé
Après le remplacement d'une jarretière, vous mesurez un ROS de 1,8 sur ce secteur. Qu'en déduisez-vous et que faites-vous ?
Une bonne réponseUn ROS de 1,8 correspond à une perte de retour d'environ 11 dB, trop haute pour une chaîne en bon état et en dehors des seuils habituels des cahiers de recette. Il vérifie d'abord le calibrage de l'appareil et le cordon de mesure, puis lance une mesure de distance au défaut pour localiser la désadaptation : connecteur mal serré ou abîmé, jarretière écrasée, eau dans une connexion. Il corrige, remesure et joint les deux courbes au compte rendu.
Signal d'alerteClôturer l'intervention parce que le site émet, ou ignorer ce que mesure le ROS.
Question 3 · débutant à confirmé
Vous arrivez sur un toit-terrasse où sont installées des antennes. Quelles règles d'exposition aux ondes appliquez-vous avant de vous approcher ?
Une bonne réponseIl repère le périmètre de sécurité indiqué sur site ou dans le dossier : devant une antenne de macro-cellule, le guide de l'ANFR sur les périmètres de sécurité évoque en général quelques mètres à une quinzaine de mètres dans l'axe, moins sur les côtés. Il ne passe pas dans l'axe d'une antenne en émission. Pour travailler devant ou près d'une antenne, il fait demander une coupure ou une baisse d'émission par le NOC ou l'opérateur, attend la confirmation et applique la procédure de son employeur.
Signal d'alerte« Les ondes ne sont pas dangereuses, on passe devant sans souci. » Ou aucune notion de périmètre.
Question 4 · confirmé
On vous envoie sur un swap : l'ancien équipement radio d'un constructeur est remplacé par celui d'un autre. Comment se déroule votre journée ?
Une bonne réponsePréparation : dossier de swap, plan de câblage cible, matériel reçu et contrôlé, créneau de coupure validé avec le NOC. Sur site : photos de l'existant, repérage de chaque câble, coupure des cellules, dépose, pose de la nouvelle BBU et des RRU, câblage fibre, coaxial et énergie, mise sous tension. Puis intégration avec l'équipe à distance qui charge la configuration, contrôle des alarmes, mesures, appels de test si demandés, remise en service et photos de fin.
Signal d'alerte« On démonte l'ancien et on branche le nouveau », sans repérage, sans créneau ni contrôle final.
Question 5 · débutant à confirmé
Quelles sont les règles de base pour monter sur un pylône équipé d'une ligne de vie ?
Une bonne réponseFormation au travail en hauteur et au port du harnais à jour, aptitude médicale, contrôle visuel du harnais, des longes et de l'antichute avant chaque usage, vérification périodique des EPI à jour. Il reste attaché en permanence pendant la montée et le travail, ne monte jamais seul (le Code du travail, art. R. 4323-61, interdit de laisser seul un travailleur qui utilise un antichute) et prévoit avec son binôme le plan de secours. Il renonce si le vent, l'orage ou le givre rendent la montée dangereuse.
Signal d'alerte« Je monte seul, c'est plus rapide », ou se détacher pour passer un obstacle.
Recevez la fiche d'entretien complète en PDF
La fiche pour mener l'entretien de bout en bout, prête à imprimer ou à partager avec le manager.
- 30 questions sur 6 axes, avec la bonne réponse, le signal d'alerte et la relance
- Le niveau visé pour chaque question
- Une mise en situation de 20 minutes et ce qu'on attend du candidat
- La grille d'évaluation de 1 à 4, axe par axe
Technicien télécom mobile : les questions fréquentes
Technicien télécom mobile ou technicien réseau : est-ce le même métier ?
Non. Le technicien réseau travaille sur des commutateurs, des routeurs et du câblage dans des bâtiments d'entreprise. Le technicien télécom mobile intervient sur des sites radio d'opérateurs : antennes, modules radio, fibre, énergie 48 V, souvent en hauteur. Il a besoin d'habilitations électriques et d'une formation au travail en hauteur, alors que les notions d'adressage IP lui servent peu. Un profil électricien ou monteur se reconvertit souvent plus vite qu'un technicien informatique.
Quel test technique sans monter sur un pylône ?
Un exercice sur documents de vingt minutes : une fiche de site avec ses secteurs et ses bandes, une courbe de distance au défaut avec un pic, une liste d'alarmes du NOC. Le candidat explique la chaîne du signal, localise le défaut sur la courbe et dit dans quel ordre traiter les alarmes. Avec du matériel au bureau, la manipulation d'un connecteur coaxial ou optique s'y ajoute.
Un débutant peut-il tenir le poste ?
Oui, plusieurs employeurs recrutent des profils bac pro ou BTS en électrotechnique et les forment à la radio, en commençant par le montage en binôme. L'entretien vérifie alors l'absence de vertige, la condition physique, les bases d'électricité et le respect des consignes. Les habilitations et la formation au travail en hauteur se passent souvent à l'embauche. La partie radio, les mesures et les swaps s'apprennent sur le terrain avec un technicien confirmé.
Quelles habilitations et attestations sont vérifiées avant l'embauche ?
Sont attendus les titres d'habilitation électrique avec leurs symboles et leur date, l'attestation de formation au travail en hauteur et au port du harnais, l'AIPR si l'employeur l'exige, et la visite médicale. L'habilitation électrique est délivrée par l'employeur : celle d'un poste précédent ne vaut pas chez le nouvel employeur, qui la redélivre après évaluation. Le recyclage est conseillé tous les trois ans par l'INRS.
Pour structurer vos autres entretiens, consultez aussi nos pages sur les questions d'entretien de recrutement, la méthode de l'entretien structuré et la grille d'évaluation d'entretien.





