Le développeur Agentforce vient presque toujours du développement Salesforce classique. Il écrit des méthodes Apex invocables et des Flows que l'agent appelle comme actions, des prompt templates dans Prompt Builder, et il branche l'agent sur les données : enregistrements du CRM, articles Knowledge, index construits dans Data 360, le nouveau nom de Data Cloud. Depuis avril 2026, Salesforce appelle subagents ce qui s'appelait topics, et Agent Script permet d'écrire des enchaînements déterministes à côté du raisonnement du modèle.
Les offres citent Agentforce à côté d'Apex, LWC et Flow, et beaucoup de candidats ont monté un agent de démonstration dans un Trailhead Playground. Celui qui a livré un agent en production parle d'utilisateur d'agent et de permission sets, de partage appliqué dans l'action, de tests avec des formulations variées et de la consommation facturée à chaque action. Commencez par l'Apex. Un candidat qui ignore les limites gouverneurs écrira des actions fragiles.
La certification Agentforce Specialist porte sur la configuration des agents et Prompt Builder. La Platform Developer (ex-Platform Developer I) reste le socle à vérifier à côté. Le PDF propose 30 questions sur six axes, un cas de 20 minutes et une grille de 1 à 4.
Agentforce et Data 360, ce que le développeur construit
Agentforce Builder et Agent Script
L'outil où l'on définit l'agent : ses subagents, leurs instructions et leurs actions. Agent Script, le langage du nouveau builder, ajoute des variables, des transitions et des règles exécutées sans passer par le modèle. Un candidat à jour sait quelles règles il code et lesquelles il laisse au raisonnement.
Subagents et instructions
Chaque subagent (appelé topic jusqu'en avril 2026) couvre un sujet, comme le suivi de commande ou la prise de rendez-vous, avec une description de classification, un périmètre et des instructions. Le moteur choisit le subagent d'après son nom et sa description, puis l'action d'après les descriptions des actions. Une description floue donne un agent qui se trompe de sujet.
Actions Apex invocables
Des méthodes annotées @InvocableMethod, avec des entrées et des sorties décrites par @InvocableVariable. Le modèle lit ces descriptions pour décider quand appeler l'action et quoi lui passer. Le code reste bulkifié, respecte les limites gouverneurs et renvoie un message clair en cas d'erreur.
Flows
Salesforce conseille de commencer par un Flow et de passer à l'Apex quand le Flow ne suffit plus. Les Flows autolancés servent d'actions, avec un chemin d'erreur sur chaque écriture en base pour que l'agent sache ce qui s'est passé.
Prompt Builder
Les prompt templates : génération de champ, e-mail commercial, résumé d'enregistrement, ou template flexible appelé comme action. Le template se nourrit de champs fusionnés, d'un Flow ou d'une classe Apex, et passe par l'Einstein Trust Layer avant d'atteindre le modèle.
Data 360 (ex-Data Cloud)
La couche de données unifiées : data streams, objets du modèle (DMO), identity resolution, calculated insights. Pour Agentforce, elle sert surtout à indexer des documents et des articles pour le grounding et à fournir des données qui ne sont pas dans le CRM. Chaque traitement consomme des crédits.
Einstein Trust Layer
Les protections placées entre Salesforce et le modèle : conservation nulle chez les fournisseurs de modèles, détection de contenu toxique, masquage selon la configuration, journal d'audit. Le développeur doit savoir ce qui est réellement masqué dans son org au lieu de supposer que tout l'est.
Testing Center et Agentforce DX
Le Testing Center rejoue des séries de cas sur un agent et compare le subagent choisi, les actions appelées et la réponse. Les commandes sf agent de la CLI Salesforce créent, testent et déploient les agents comme des métadonnées, ce qui permet de les faire passer par un pipeline.
Les intitulés varient : développeur Salesforce Agentforce, développeur Salesforce IA, consultant technique Agentforce, parfois AI specialist. Le poste reste celui d'un développeur Salesforce, avec un socle Apex, SOQL, LWC et Flow, auquel s'ajoutent la conception des actions, les prompt templates et le branchement sur Data 360. Il travaille avec un consultant fonctionnel qui écrit les cas d'usage et un administrateur qui gère les droits. Une partie du travail ressemble à du test logiciel : écrire des cas, mesurer, corriger une description, recommencer. La conception de l'agent pèse aussi sur la facture, puisque chaque action appelée est consommée.
Les compétences techniques d'un développeur Agentforce
- Apex invocable et limites gouverneurs
- Conception des subagents et des actions
- Prompt Builder et grounding
- Data 360 et retrievers
- Droits, partage et Trust Layer
- Tests, déploiement et suivi des agents
Actions, droits et grounding : cinq questions pour un développeur Agentforce
Chaque question vient avec ce qu'une bonne réponse contient et le signal qui doit vous alerter. Pas besoin d'être technique pour les poser : écoutez si le candidat raconte du vécu.
Question 1 · confirmé
Vous écrivez une action Apex qui renvoie à l'agent les commandes d'un client. Que mettez-vous dans la signature et dans les descriptions ?
Une bonne réponseUne méthode @InvocableMethod avec un label et une description qui disent quand l'utiliser, des classes d'entrée et de sortie dont chaque @InvocableVariable est décrite précisément (sens, format, exemple), et une liste en entrée pour rester bulkifié. La méthode renvoie les seuls champs utiles, un nombre de commandes limité et un message lisible quand rien n'est trouvé. La requête SOQL applique les droits de l'utilisateur (WITH USER_MODE).
Signal d'alerteUne méthode qui renvoie l'enregistrement complet avec tous ses champs, sans description, ou qui lève une exception non gérée quand le client n'existe pas.
Question 2 · confirmé
Un agent répond sur le site à des visiteurs non connectés. Quels droits donnez-vous à son utilisateur, et où appliquez-vous le partage des enregistrements ?
Une bonne réponseL'utilisateur d'agent (profil Einstein Agent User) part vide et reçoit seulement les permission sets dont les actions ont besoin. Les permission sets règlent l'accès aux objets et aux champs, pas le partage des enregistrements : chaque action filtre elle-même, sur l'identifiant du client vérifié, et l'Apex tourne en with sharing et en mode utilisateur. Un visiteur non vérifié n'atteint pas les actions qui lisent des données personnelles.
Signal d'alerteUn profil administrateur « pour que ça marche », ou les instructions comme seule barrière entre un client et les données d'un autre.
Question 3 · confirmé
L'agent part dans le subagent Facturation quand un client demande où en est sa livraison. Que corrigez-vous ?
Une bonne réponseLe moteur choisit le subagent à partir de son nom et de sa description de classification. Le candidat relit ces deux textes pour les deux subagents, ajoute des formulations réelles de clients, supprime les recouvrements, puis rejoue des cas de test aux tournures variées. Il garde un nombre raisonnable de subagents et d'actions par subagent, parce que trop d'options brouillent le choix.
Signal d'alerteAjouter « ne parle pas de facturation » dans les instructions sans toucher aux descriptions, ou vérifier avec une seule phrase.
Question 4 · confirmé
Un prompt template qui résume une fiche client cite parfois des informations d'un autre client. Où cherchez-vous ?
Une bonne réponseDans les sources du template : un Flow ou une classe Apex de grounding qui ne filtre pas sur l'enregistrement reçu en entrée, une liste liée mal choisie, un retriever sans filtre qui ramène des passages d'autres clients. Le candidat regarde le prompt résolu dans l'aperçu de Prompt Builder ou dans le journal d'audit pour voir ce que le modèle a réellement reçu, puis ajoute le filtre sur l'identifiant client.
Signal d'alerte« Le modèle hallucine », sans regarder le prompt envoyé.
Question 5 · senior
L'agent doit connaître le dernier achat en magasin d'un client, une donnée qui n'existe que dans Data 360. Comment l'action la récupère-t-elle ?
Une bonne réponsePar une requête sur les objets du modèle Data 360 (DMO ou calculated insight), depuis Apex avec l'API de requête ConnectApi ou par un data graph prévu pour la lecture en temps réel, en partant du profil unifié relié au contact. Le candidat précise le délai de fraîcheur de la donnée, la consommation de crédits des requêtes et le cas du client sans profil unifié.
Signal d'alerteRecopier toutes les transactions dans un objet CRM pour pouvoir les lire en SOQL.
Recevez la fiche d'entretien complète en PDF
La fiche pour mener l'entretien de bout en bout, prête à imprimer ou à partager avec le manager.
- 30 questions sur 6 axes, avec la bonne réponse, le signal d'alerte et la relance
- Le niveau visé pour chaque question
- Une mise en situation de 20 minutes et ce qu'on attend du candidat
- La grille d'évaluation de 1 à 4, axe par axe
Recruter sur Agentforce, les points qui reviennent
Faut-il exiger un bon niveau Apex pour un poste Agentforce ?
Oui, pour la plupart des postes. Les actions d'un agent sont des méthodes Apex et des Flows qui lisent et écrivent dans le CRM, avec les mêmes limites gouverneurs et les mêmes règles de partage que le reste de l'org. Un profil venu de l'IA générative sans Salesforce aura du mal avec les droits et le déploiement. Un développeur Salesforce sans expérience d'agent apprend vite la partie Agentforce s'il sait écrire du code testé.
Topics ou subagents : le vocabulaire du CV dit-il quelque chose ?
Salesforce a renommé les topics en subagents à partir d'avril 2026, sans changer leur fonctionnement, et sa documentation mélange encore les deux termes. Un CV qui parle de topics n'est donc pas daté pour autant. Agent Script et le nouvel Agentforce Builder sont des indices plus fiables : un candidat qui les a utilisés sur un projet a travaillé sur la version actuelle du produit. Faites-lui décrire une transition qu'il a codée.
Data Cloud et Data 360 désignent-ils le même produit ?
Oui. Salesforce a renommé Data Cloud en Data 360, et beaucoup d'offres et de CV gardent l'ancien nom. Pour un développeur Agentforce, Data 360 sert surtout à indexer des documents pour le grounding et à fournir des données absentes du CRM. Le paramétrage complet, avec data streams, identity resolution et segments, revient souvent à un consultant Data 360. Précisez dans l'offre ce que le poste couvre.
Quel test technique pour un développeur Agentforce ?
Demandez d'écrire une méthode Apex invocable avec ses descriptions, sa requête en mode utilisateur et son cas sans résultat, sur papier ou dans un éditeur. Ajoutez les descriptions de deux subagents qui se recouvrent, à corriger. Vingt à trente minutes suffisent pour voir si la personne pense aux droits, aux erreurs et à ce que le modèle lit. Une démonstration d'agent préparée à l'avance ne remplace pas cet exercice.
Pour structurer vos autres entretiens, consultez aussi nos pages sur les questions d'entretien de recrutement, la méthode de l'entretien structuré et la grille d'évaluation d'entretien.





