Sur les offres françaises, le nom Microsoft Purview recouvre deux métiers. Une partie des missions relève de la sécurité : étiquettes de sensibilité, DLP, rétention, eDiscovery, souvent dans Microsoft 365. L'autre relève de la gouvernance des données : scanner les bases et les data lakes dans le Data Map, puis organiser le Unified Catalog en domaines et en data products. Un consultant Microsoft Purview côté gouvernance fait surtout le second travail et doit comprendre le premier. Précisez dans l'annonce lequel vous cherchez.
Les CV se ressemblent vite, car la documentation est abondante et le portail se prend en main en quelques jours. La différence se voit sur un patrimoine réel. Scanner un SQL Server derrière un pare-feu, limiter un catalogue de 40 000 assets aux tables utiles, compléter un lignage qui s'arrête dans un notebook, savoir ce qu'une étiquette protège vraiment. Ces sujets demandent d'avoir pratiqué.
Une première mise en place du Data Map sur deux ou trois sources suffit pour un junior. Côté senior, attendez un découpage des domaines fait avec les métiers et un catalogue qui a continué à vivre après la fin du projet. En annexe, un cas sur une mutuelle qui passe sur Azure et Fabric.
Les briques de Microsoft Purview côté gouvernance
Data Map et scans
Le socle technique. Purview y enregistre les sources (Azure SQL, ADLS Gen2, SQL Server, Oracle, Snowflake, Databricks Unity Catalog, Power BI, Fabric...) et les scanne pour en extraire les métadonnées. Trois niveaux existent : le nom et la taille des objets, puis le schéma, puis un échantillonnage qui applique les classifications. Un scan mal réglé remplit le catalogue de bruit ou charge la base source.
Integration runtimes
Les moteurs qui exécutent les scans. Le runtime Azure suffit pour les sources publiques. Le runtime en réseau virtuel managé passe par des points de terminaison privés. Le runtime auto-hébergé, sur une machine Windows ou sur Kubernetes, sert aux sources on-premise ou fermées. Oracle et Teradata, par exemple, ne se scannent qu'avec un runtime auto-hébergé, que l'équipe doit maintenir.
Unified Catalog
La couche métier du produit. Les données y sont rangées par domaines de gouvernance (Finance, Ventes...), regroupées en data products auxquels on s'abonne par une demande d'accès, décrites par des termes de glossaire et des éléments de données critiques. Depuis janvier 2025, la facturation compte chaque jour les assets rattachés à ces objets. Un catalogue bien conçu reste donc sélectif.
Qualité des données dans Purview
Un module du Unified Catalog qui profile les colonnes et applique des règles sur six dimensions (complétude, cohérence, conformité, exactitude, fraîcheur, unicité). Les scores remontent de la colonne au data product, puis au domaine. Les traitements tournent sur Spark avec l'identité managée de Purview et sont facturés en unités de calcul (DGPU).
Lignage
Purview reçoit le lignage d'Azure Data Factory et de Synapse quand ces services lui sont connectés, et le déduit de certaines sources scannées. Ailleurs, il faut le pousser par l'API REST, compatible Apache Atlas. En entretien, demandez où s'arrêtait le lignage dans le dernier projet et ce qui a été fait pour le prolonger.
Information Protection et étiquettes de sensibilité
Les étiquettes « Public », « Interne » ou « Confidentiel » viennent de Microsoft 365. Une stratégie d'étiquetage automatique peut les poser sur des fichiers et des colonnes scannés quand une classification est détectée, une fonction encore en préversion dans le Data Map. Dans le catalogue, l'étiquette reste une métadonnée. Elle ne chiffre ni ne masque la colonne dans la base.
DLP et audit
La prévention des pertes de données (DLP) applique des règles aux contenus étiquetés ou détectés comme sensibles. Dans Fabric, elle couvre les lakehouses, entrepôts, bases et modèles sémantiques, avec des conseils affichés à l'utilisateur et des alertes. Le journal d'audit de Purview trace les activités Fabric et Power BI.
Fabric et OneLake catalog
Fabric a sa propre gouvernance : OneLake catalog, domaines, certification des éléments, lignage interne. Microsoft présente Purview comme le complément pour la protection, l'audit et la conformité, et pour cataloguer ce qui vit hors de Fabric. Un bon profil sait expliquer ce partage sans tout ramener à Purview.
Le poste se rencontre surtout en ESN partenaire Microsoft, en cabinet de conseil et dans les grands comptes déjà équipés d'Azure, de Microsoft 365, et souvent de Fabric. La mission type démarre par l'inventaire : quelles sources scanner, avec quel runtime, sous quelle identité. Viennent ensuite l'organisation du Unified Catalog avec les métiers, puis les règles de qualité et le lien avec l'équipe sécurité qui gère les étiquettes et la DLP. Le produit évolue vite : nouveau portail, Unified Catalog déployé région par région, facturation à l'usage depuis 2025. Un consultant qui a connu l'ancien Azure Purview doit montrer qu'il a suivi ces changements. Les certifications Microsoft liées à Purview portent surtout sur la sécurité et la conformité. Pour la gouvernance, l'expérience se vérifie sur des projets.
Les savoir-faire Purview à vérifier pendant l'entretien
- Scans, runtimes et connectivité réseau
- Modélisation du Unified Catalog
- Classifications et étiquettes de sensibilité
- Lignage et API de métadonnées
- Règles et scores de qualité
- Identités, rôles et coûts de la plateforme
Les questions Purview à poser, du scan au data product
Chaque question vient avec ce qu'une bonne réponse contient et le signal qui doit vous alerter. Pas besoin d'être technique pour les poser : écoutez si le candidat raconte du vécu.
Question 1 · confirmé
Un SQL Server installé dans le datacenter du client, derrière un pare-feu, doit apparaître dans le catalogue. Que mettez-vous en place ?
Une bonne réponseUn runtime d'intégration auto-hébergé sur une machine du réseau interne, ou sa version Kubernetes, qui ouvre seulement des flux sortants vers Purview. Un compte de lecture dédié sur la base, avec le mot de passe rangé dans Azure Key Vault et déclaré comme identifiant de scan. Si le pare-feu de Purview est fermé au public, des points de terminaison privés côté client. Le périmètre du scan est limité aux bases utiles, et le scan est planifié aux heures creuses.
Signal d'alerte« Le runtime Azure fait tout », alors qu'il n'atteint pas une source privée. Ou un compte administrateur de l'instance utilisé pour scanner, avec le mot de passe saisi en clair.
Question 2 · senior
Après les premiers scans, le catalogue contient 40 000 assets et les métiers ne s'y retrouvent pas. Comment l'organisez-vous ?
Une bonne réponseOn ne gouverne pas tout. La personne crée quelques domaines de gouvernance alignés sur l'organisation, puis des data products sur les tables réellement consommées (souvent la couche gold), avec un propriétaire, une description et des termes de glossaire. Les éléments de données critiques regroupent les colonnes qui portent la même notion sous des noms différents. Elle sait que la facturation compte les assets rattachés à ces objets, ce qui pousse à rester sélectif.
Signal d'alerteRattacher les 40 000 assets à des data products pour que tout soit couvert, ou attendre que les métiers fassent le tri seuls dans la recherche.
Question 3 · senior
Toute colonne qui contient un numéro de sécurité sociale doit recevoir l'étiquette « Hautement confidentiel ». Que configurez-vous, et que protège cette étiquette dans une base Azure SQL ?
Une bonne réponseUn scan de niveau 3, qui échantillonne les données et applique les classifications, puis une stratégie d'étiquetage automatique pour les charges hors Microsoft 365, qui pose l'étiquette quand la classification est détectée. L'étiquette doit avoir la portée fichiers et autres actifs de données. Point attendu : dans le catalogue, l'étiquette est une métadonnée. La protection réelle de la colonne passe par la base (masquage, droits, chiffrement) ou par la DLP là où elle s'applique.
Signal d'alerte« L'étiquette chiffre la colonne », ou confondre une classification détectée par le scan avec une étiquette de sensibilité.
Question 4 · senior
Dans votre lignage, la chaîne s'arrête à l'entrée d'un notebook Databricks et reprend plus loin dans Power BI. Comment comblez-vous le trou ?
Une bonne réponseLa personne vérifie d'abord ce qui est natif : connexion de Data Factory ou de Synapse à Purview, scan de Unity Catalog quand il est utilisé. Pour le reste, elle publie les processus et leurs entrées et sorties par l'API REST compatible Atlas, depuis le pipeline ou à partir d'un connecteur OpenLineage. Elle indique la granularité visée (table ou colonne) et qui maintient ce lignage quand le code change.
Signal d'alerte« Purview trace tout automatiquement », ou dessiner le lignage à la main dans un schéma Visio hors de l'outil.
Question 5 · confirmé
La direction financière veut un score de qualité sur les tables de son data product Ventes. Comment le construisez-vous dans Purview ?
Une bonne réponseLe rôle de data quality steward pour les personnes concernées, une connexion qualité sur la source avec l'identité managée de Purview, un profilage pour comprendre les colonnes, puis des règles prêtes à l'emploi (vide, unicité, format, fraîcheur) et des règles personnalisées issues du métier. Un scan qualité planifié sur le data product produit des scores agrégés. Des alertes partent vers le propriétaire sous un seuil. La personne évoque le coût en DGPU et la contrainte de région commune entre la source et le compte Purview.
Signal d'alerteDes règles écrites sans profilage ni avis du métier, ou un score annoncé sans savoir comment il est calculé ni qui doit agir quand il baisse.
Recevez la fiche d'entretien complète en PDF
La fiche pour mener l'entretien de bout en bout, prête à imprimer ou à partager avec le manager.
- 30 questions sur 6 axes, avec la bonne réponse, le signal d'alerte et la relance
- Le niveau visé pour chaque question
- Une mise en situation de 20 minutes et ce qu'on attend du candidat
- La grille d'évaluation de 1 à 4, axe par axe
Recruter un consultant Microsoft Purview : les points qui reviennent
Microsoft Purview côté gouvernance ou côté sécurité : comment rédiger l'annonce ?
Nommez les briques attendues. Un poste de gouvernance cite le Data Map, les scans, le Unified Catalog, les data products, le lignage et la qualité. Un poste de sécurité cite Information Protection, la DLP, la rétention, l'eDiscovery et Microsoft 365. Beaucoup de profils viennent d'un seul des deux mondes. Les questions de cette page visent la gouvernance, avec ce qu'un consultant doit savoir de la protection pour travailler avec l'équipe sécurité.
Un ancien utilisateur d'Azure Purview est-il opérationnel sur la version actuelle ?
Il connaît le Data Map, les scans, les collections et le lignage, qui restent le socle. Le Unified Catalog a changé la façon d'organiser le catalogue : domaines de gouvernance, data products, éléments de données critiques, demandes d'accès, module qualité et facturation à l'usage. Demandez ce qu'il a mis en place dans le nouveau portail. S'il ne décrit que l'ancien glossaire et les collections, prévoyez une période de remise à niveau.
Quel exercice proposer en test technique à un consultant Purview ?
Un cas sur table marche mieux qu'un accès à un tenant de démonstration. Donnez une liste de sources (SQL Server on-premise, data lake, Snowflake, Power BI), une contrainte réseau et une demande métier. La personne choisit les runtimes et les identités, découpe les domaines et les data products, propose les règles de qualité et explique ce qui sera étiqueté. Vingt minutes suffisent pour voir si elle a déployé le produit.
Consultant Purview et data steward : qui fait quoi sur un projet ?
Le consultant installe et configure : sources, runtimes, scans, classifications, structure du catalogue, règles de qualité, intégrations par API. Le data steward, souvent côté métier, renseigne les définitions, valide les rattachements au glossaire, suit les scores de qualité et traite les anomalies de son domaine. Sur un petit périmètre, une même personne cumule parfois les deux rôles. Il vaut alors mieux évaluer les deux facettes en entretien.
Pour structurer vos autres entretiens, consultez aussi nos pages sur les questions d'entretien de recrutement, la méthode de l'entretien structuré et la grille d'évaluation d'entretien.



