Sur les job boards français, beaucoup d'offres de tech lead front-end portent sur Angular, souvent avec un back Java, et une part plus réduite sur React ou Vue. Le poste couvre l'architecture des écrans et des bibliothèques, le choix des outils (monorepo, build, tests), la performance mesurée chez les utilisateurs et la qualité des composants partagés. Certaines annonces y ajoutent le design system et l'UX.
Les versions avancent vite. Angular sort une version majeure tous les six mois et chacune reste supportée 18 mois : Angular 20 sort du support le 28 novembre 2026, et depuis Angular 21 les nouveaux projets se passent de zone.js. Côté React, le React Compiler mémoïse automatiquement une bonne partie des composants. Un tech lead sait dire où en est son application et ce qui bloque la montée suivante.
Écoutez si la personne cite des chiffres mesurés chez les utilisateurs (INP, LCP, durée de la CI) ou seulement un score Lighthouse pris sur son poste. Vérifiez aussi l'accessibilité, devenue une obligation pour de nombreux services numériques privés depuis le 28 juin 2025. Le PDF reprend 30 questions sur six axes et un cas de 20 minutes.
Les outils qu'un tech lead front-end choisit et maintient
Angular ou React
Le framework fixe une bonne partie de l'architecture. Angular fournit routeur, formulaires, injection de dépendances et signals. React laisse choisir le routeur et la gestion d'état, souvent avec un méta-framework comme Next.js. Le tech lead connaît à fond celui de l'équipe et sait lire le code de l'autre.
TypeScript strict
Le typage qui protège une grande base de code. En mode strict, une partie des erreurs apparaît à la compilation au lieu d'arriver en production. Le tech lead décide des options du tsconfig et de la façon de les activer sur un code existant sans bloquer l'équipe.
Monorepo : Nx, Turborepo, pnpm workspaces
Plusieurs applications et bibliothèques dans un même dépôt, avec des règles sur qui peut importer quoi et une CI qui ne reconstruit que ce qui a changé. Les micro-frontends (Module Federation, Native Federation) répondent à un besoin plus rare : déployer séparément des parties de l'application.
Vite et esbuild
Les outils de build actuels. Vite sert le code en développement et produit le bundle de production. Angular CLI s'appuie sur esbuild et Vite depuis la version 17. Le tech lead surveille le poids du bundle et pose des budgets qui font échouer la CI en cas de dérive.
Core Web Vitals
Les trois mesures de Google sur l'expérience réelle : LCP pour l'affichage du contenu principal, INP pour la réactivité aux clics et à la saisie, CLS pour la stabilité de la mise en page. Les seuils considérés comme bons sont 2,5 secondes, 200 millisecondes et 0,1, au 75e percentile des visites.
Tests : Vitest, Testing Library, Playwright
Vitest et Testing Library pour les composants, Playwright pour les parcours complets dans un vrai navigateur. Karma, longtemps utilisé dans les projets Angular, est déprécié. Le tech lead décide de ce qui tourne sur chaque pull request et de ce qui tourne la nuit.
Design system et Storybook
La bibliothèque de composants partagés et ses design tokens (couleurs, espacements, typographie), documentée dans Storybook. Le tech lead en surveille l'API publique, les versions et l'accessibilité, car un défaut dans un bouton se retrouve dans tous les écrans.
Accessibilité : RGAA et WCAG
Le RGAA est le référentiel français, aligné sur les WCAG. Il demande un site utilisable au clavier et avec un lecteur d'écran, des contrastes suffisants et des formulaires correctement étiquetés. Les outils automatiques comme axe repèrent une partie des défauts, le reste se vérifie à la main.
Sécurité et dépendances npm
Une application front embarque des centaines de paquets npm. Le tech lead impose un fichier de verrouillage, des installations reproductibles en CI, des mises à jour régulières avec Renovate ou Dependabot, et décide où le jeton d'authentification est conservé dans le navigateur.
Le poste change selon le nombre d'équipes front. Sur une seule équipe, le tech lead front-end code une grande partie des écrans, tient la CI et fait la plupart des revues. Avec plusieurs équipes sur la même application, il passe plus de temps sur les frontières entre bibliothèques, le design system, les règles de lint et les montées de version communes. Les offres françaises associent souvent Angular et Java, plus rarement React et Node.js, et certaines rattachent l'UX ou l'accessibilité au poste. La connaissance du framework de l'équipe compte, mais la capacité à mesurer et à outiller pèse autant.
Points techniques à couvrir avec un tech lead front-end
- Architecture front et monorepo
- Angular ou React en profondeur
- Performance et Core Web Vitals
- Design system et accessibilité
- Tests et CI front
- Sécurité et dépendances npm
Tech lead front-end : cinq questions, de l'INP à l'accessibilité
Chaque question vient avec ce qu'une bonne réponse contient et le signal qui doit vous alerter. Pas besoin d'être technique pour les poser : écoutez si le candidat raconte du vécu.
Question 1 · confirmé
Les données Chrome (CrUX) montrent un INP au-dessus de 500 ms sur la page de recherche. Comment trouvez-vous la cause ?
Une bonne réponseL'INP mesure le délai entre une interaction réelle (clic, frappe) et l'affichage suivant ; il est bon sous 200 ms au 75e percentile. Il récupère l'attribution avec la bibliothèque web-vitals pour savoir quelle interaction et quel élément sont en cause, reproduit dans le panneau Performance de Chrome avec un processeur ralenti et cherche les tâches longues. Correctifs : découper le travail (scheduler.yield ou setTimeout), limiter les réaffichages (OnPush et signals côté Angular, useTransition ou mémoïsation côté React), différer la recherche à la frappe, déplacer un calcul lourd dans un web worker.
Signal d'alerteSe fier au score Lighthouse de son poste, qui ne mesure pas l'INP, ou proposer de changer de framework sans avoir mesuré.
Question 2 · senior
Quatre équipes modifient la même application front et se gênent à chaque livraison. Monorepo, micro-frontends ou bibliothèques séparées : comment choisissez-vous ?
Une bonne réponseIl commence le plus souvent par un monorepo (Nx, ou pnpm workspaces avec Turborepo) découpé en bibliothèques par domaine, avec des règles qui interdisent les imports non prévus (tags et règle de frontières de modules dans Nx), des CODEOWNERS et une CI qui ne reconstruit que ce qui a changé. Les micro-frontends (Module Federation, Native Federation côté Angular) viennent seulement si les équipes doivent déployer séparément. Il en connaît le prix : versions partagées des dépendances, code chargé en double, cohérence visuelle plus difficile.
Signal d'alerteDes micro-frontends « parce que les grandes entreprises le font », ou une seule application sans aucune frontière interne.
Question 3 · confirmé
Où rangez-vous les données qui viennent de l'API : dans un store global, dans un cache de requêtes ou dans le composant ?
Une bonne réponseIl sépare trois sortes d'état. Les données serveur vont dans un cache de requêtes avec invalidation (TanStack Query, ou resource et httpResource côté Angular). L'état d'interface reste local au composant (signal, useState). Un store global (NgRx, Redux Toolkit, Zustand) se justifie pour un état partagé par beaucoup d'écrans et modifié de plusieurs endroits. Les filtres et la pagination vont dans l'URL.
Signal d'alerteTout dans un store global par principe, ou les mêmes données API copiées dans plusieurs stores qui finissent par diverger.
Question 4 · confirmé
Une liste déroulante du design system est inutilisable au clavier. Que corrigez-vous, et comment évitez-vous que cela revienne ?
Une bonne réponseD'abord l'élément natif quand il suffit (select). Sinon, le modèle combobox ou listbox du guide WAI-ARIA Authoring Practices : rôles, aria-expanded, aria-activedescendant ou focus déplacé, flèches, Entrée, Échap, retour du focus sur le déclencheur. Pour la suite : un test Playwright qui parcourt le composant au clavier, l'extension accessibilité de Storybook avec axe, et un passage manuel avec NVDA ou VoiceOver avant chaque version majeure du composant.
Signal d'alerteAjouter des aria-label partout, ou conclure que le composant est accessible parce qu'axe ne signale rien.
Question 5 · confirmé
La CI front prend 25 minutes par pull request. Comment la ramenez-vous sous les dix minutes ?
Une bonne réponseIl mesure d'abord chaque étape. Puis : cache des dépendances (store pnpm), exécution limitée aux projets touchés (nx affected, filtres Turborepo) avec cache distant, étapes en parallèle, tests de composants sous Vitest au lieu de Karma, déprécié, ou d'une configuration Jest lente, tests Playwright répartis sur plusieurs machines. Sur la PR, un jeu de parcours critiques ; la suite complète la nuit.
Signal d'alerteSupprimer des tests, ou payer une machine plus grosse sans savoir où passe le temps.
Recevez la fiche d'entretien complète en PDF
La fiche pour mener l'entretien de bout en bout, prête à imprimer ou à partager avec le manager.
- 30 questions sur 6 axes, avec la bonne réponse, le signal d'alerte et la relance
- Le niveau visé pour chaque question
- Une mise en situation de 20 minutes et ce qu'on attend du candidat
- La grille d'évaluation de 1 à 4, axe par axe
Ce que les recruteurs demandent souvent sur le tech lead front-end
Un tech lead front-end doit-il maîtriser Angular et React ?
Il doit maîtriser en profondeur le framework de votre application, jusqu'aux montées de version et aux problèmes de performance. Pour l'autre, savoir lire un composant, un hook ou un service suffit souvent. Les principes de fond restent proches d'un framework à l'autre : gestion de l'état, rendu, découpage en bibliothèques, tests. Un profil React solide peut reprendre une équipe Angular avec un temps d'adaptation, surtout si un développeur Angular confirmé travaille à ses côtés.
Quelle différence entre un tech lead front-end et un architecte front-end ?
Le tech lead front-end travaille dans une équipe : il code, relit les pull requests, tient la CI et répond de la qualité d'une application. L'architecte front-end fixe des règles pour plusieurs applications ou équipes : choix de framework, micro-frontends, design system commun, normes de sécurité. Tant qu'il n'y a qu'une application, le tech lead joue souvent les deux rôles. Les deux postes se séparent en général quand plusieurs équipes front travaillent en parallèle.
Un exercice de code à la maison convient-il à un tech lead front-end ?
Rarement. Un projet à rendre en plusieurs heures mesure surtout le temps libre du candidat. Pour le test technique d'un tech lead, une petite application existante marche mieux : un composant qui se réaffiche trop souvent, une liste déroulante inaccessible au clavier, un bundle trop lourd, un jeton dans le localStorage. En 45 minutes, la personne classe les défauts, en corrige un en direct et explique ce qu'elle ajouterait à la CI pour qu'il ne revienne pas.
Faut-il exiger une expérience de l'accessibilité ?
Pour un tech lead, oui, au moins la base : navigation au clavier, gestion du focus, étiquettes des champs, contrastes, rôles ARIA. Depuis le 28 juin 2025, les règles issues de l'European Accessibility Act étendent les obligations à de nombreux services numériques privés, en plus des organismes soumis au RGAA. Le tech lead n'a pas besoin d'être auditeur, mais il doit savoir intégrer ces critères aux composants, aux tickets et aux tests automatiques.
Pour structurer vos autres entretiens, consultez aussi nos pages sur les questions d'entretien de recrutement, la méthode de l'entretien structuré et la grille d'évaluation d'entretien.





