Le développeur Informatica conçoit des mappings qui extraient, transforment et chargent les données, puis les fait tourner dans des sessions et des workflows. Dans les questions d'entretien Informatica, PowerCenter reste au centre : l'outil tient depuis des années les entrepôts des banques, des assureurs, des mutuelles et des grands industriels. Les offres récentes ajoutent IDMC, la plateforme cloud de l'éditeur, appelée aussi IICS dans beaucoup d'annonces, avec son service Cloud Data Integration. Informatica fait désormais partie de Salesforce.
Les profils se ressemblent sur le papier : dix ans de PowerCenter, Oracle, Unix, Control-M. L'écart se fait sur la maîtrise du moteur. Un développeur expérimenté sait pourquoi une session ralentit, choisit le bon cache de lookup, construit un incrémental qui se rejoue et connaît les limites de la pushdown optimization. Sur les projets de migration vers IDMC, il doit aussi expliquer ce qui ne se convertit pas automatiquement.
Le PDF propose 30 questions sur six axes, un cas de 20 minutes sur la migration des flux de contrats d'un assureur et une grille de 1 à 4.
PowerCenter, IDMC et les outils autour
PowerCenter
L'ETL historique d'Informatica, installé sur les serveurs de l'entreprise. On y dessine les mappings dans Designer, on les exécute par des sessions et des workflows créés dans Workflow Manager, et on suit les exécutions dans Workflow Monitor. C'est encore l'outil le plus présent dans les annonces françaises, en banque et en assurance notamment.
Transformations (Lookup, Joiner, Aggregator, Update Strategy…)
Les briques d'un mapping. Le Lookup va chercher une valeur dans une autre table, le Joiner joint deux flux, l'Aggregator calcule des totaux, l'Update Strategy décide d'insérer ou de mettre à jour. La façon dont le candidat les règle, surtout les caches, en dit long sur son expérience.
Sessions, workflows et fichiers de paramètres
La session exécute un mapping avec ses connexions et ses réglages de performance. Le workflow enchaîne les sessions. Les fichiers de paramètres permettent de passer le même code de la recette à la production.
IDMC / IICS Cloud Data Integration
La plateforme cloud d'Informatica, Intelligent Data Management Cloud, encore souvent appelée IICS dans les annonces. Cloud Data Integration y remplace PowerCenter, avec des mappings, des mapping tasks et des taskflows. Les traitements tournent sur un Secure Agent installé chez le client ou sur un runtime géré par Informatica.
Pushdown optimization
La fonction qui transforme une partie du mapping en SQL exécuté par la base ou l'entrepôt, au lieu de faire passer toutes les lignes par le moteur Informatica. Elle accélère beaucoup les traitements entre tables d'une même base. Elle a des limites que le candidat doit connaître.
PowerExchange et capture des changements
Les connecteurs d'Informatica pour les sources mainframe, DB2 ou les journaux des bases, utilisés pour capter les modifications sans recharger les tables. On les croise dans les systèmes bancaires anciens. À creuser si le poste touche à ces sources.
Ordonnanceur et Unix
En production, les workflows sont souvent lancés par Control-M, Autosys ou $Universe via la commande pmcmd, dans des scripts shell. Le candidat doit lire ces scripts et comprendre comment un échec remonte à l'exploitation.
Bases sources et cibles
Oracle, DB2, Teradata, SQL Server, et de plus en plus Snowflake, BigQuery ou Databricks sur les projets cloud. Le SQL et la connaissance de la base cible pèsent autant que l'outil lui-même. Vérifiez-les à part.
Le développeur Informatica travaille le plus souvent pour une ESN, en mission longue chez une banque, un assureur, une mutuelle ou un groupe pharmaceutique, ou dans l'équipe décisionnelle interne de ces entreprises. Les postes PowerCenter sont surtout de la maintenance évolutive : nouveaux flux, corrections d'incidents, montées de version, avec des contraintes fortes de sécurité et de traçabilité. Les postes IDMC concernent de nouveaux flux vers le cloud ou la migration des workflows PowerCenter, que l'éditeur encourage. Les intitulés varient (consultant Informatica, développeur ETL Informatica, expert IICS). Certaines annonces demandent aussi dbt, PowerExchange ou le masquage de données.
Les compétences Informatica à contrôler
- Mappings et caches de lookup
- Sessions, workflows et paramétrage
- Performance et pushdown optimization
- Incrémental, rejets et reprise
- Déploiement et sécurité du référentiel
- IDMC Cloud Data Integration et migration
Mappings, caches et sessions : cinq questions pour un développeur Informatica
Chaque question vient avec ce qu'une bonne réponse contient et le signal qui doit vous alerter. Pas besoin d'être technique pour les poser : écoutez si le candidat raconte du vécu.
Question 1 · confirmé
Lookup connecté ou non connecté, cache statique ou dynamique : comment choisissez-vous dans un mapping PowerCenter ?
Une bonne réponseUn lookup connecté est dans le flux et renvoie plusieurs colonnes pour chaque ligne. Un lookup non connecté est appelé depuis une expression avec :LKP, renvoie une seule valeur et seulement quand on en a besoin. Le cache statique est lu une fois au début de la session. Le cache dynamique se met à jour pendant l'exécution, ce qui sert à charger une dimension sans créer deux fois la même clé dans un même lot, avec le port NewLookupRow pour savoir si la ligne est nouvelle ou modifiée.
Signal d'alerteConfondre connecté et non connecté, ou ne pas savoir que le cache statique ignore les lignes insérées pendant la session.
Question 2 · confirmé
Une session met trois heures au lieu de quarante minutes. Comment trouvez-vous le goulet d'étranglement ?
Une bonne réponseLe journal de session et les statistiques de performance : temps passé dans la lecture, les transformations et l'écriture (busy percentage des threads reader, transformation et writer). Selon le résultat : requête source à revoir avec le DBA, cache de lookup trop gros ou mal indexé, Aggregator ou Joiner sans données triées, écriture freinée par des index ou des contraintes sur la cible. Il compare avec une exécution normale et regarde l'évolution des volumes.
Signal d'alerteAugmenter la mémoire de la session au hasard, ou ne pas savoir lire un journal de session.
Question 3 · confirmé
Comment construisez-vous un chargement incrémental dans PowerCenter pour ne lire que les lignes modifiées depuis le dernier passage ?
Une bonne réponseUne variable de mapping qui garde la dernière date ou le dernier identifiant chargé, mise à jour avec SETMAXVARIABLE et sauvegardée dans le référentiel à la fin d'une session réussie, utilisée dans le filtre du Source Qualifier. Ou un fichier de paramètres alimenté par l'ordonnanceur. Il sait réinitialiser la valeur pour rejouer une période et traite les lignes supprimées à la source, que ce filtre ne voit pas.
Signal d'alerteRelire toute la table chaque nuit, ou une date codée en dur dans la requête.
Question 4 · junior à confirmé
Comment l'Update Strategy décide-t-elle d'insérer, de mettre à jour ou de rejeter une ligne, et quels réglages de session doivent suivre ?
Une bonne réponseL'Update Strategy marque chaque ligne avec DD_INSERT, DD_UPDATE, DD_DELETE ou DD_REJECT selon une condition, souvent issue d'un lookup sur la cible. La session doit traiter les lignes « Data driven » et la cible autoriser les opérations voulues (insert, update as update, delete). Les lignes rejetées partent dans le fichier de rejet (bad file).
Signal d'alerteNe pas savoir que la session doit être en mode « Data driven », ou ignorer où vont les lignes rejetées.
Question 5 · senior
Votre client migre de PowerCenter vers IDMC Cloud Data Integration. Qu'est-ce qui ne se transpose pas tel quel ?
Une bonne réponseLes outils de conversion d'Informatica reprennent une bonne partie des mappings, mais il faut revoir les SQL overrides et procédures spécifiques à la base, les scripts shell autour de pmcmd, les fichiers de paramètres, les sessions partitionnées, les objets réutilisables et l'ordonnancement. Côté IDMC, le vocabulaire change : mapping tasks, taskflows, Secure Agent et groupes de runtime, facturation à la consommation en IPU. La migration se termine par une comparaison des données produites par l'ancien et le nouveau flux.
Signal d'alerte« L'outil convertit tout automatiquement », sans plan de test ni inventaire.
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La fiche pour mener l'entretien de bout en bout, prête à imprimer ou à partager avec le manager.
- 30 questions sur 6 axes, avec la bonne réponse, le signal d'alerte et la relance
- Le niveau visé pour chaque question
- Une mise en situation de 20 minutes et ce qu'on attend du candidat
- La grille d'évaluation de 1 à 4, axe par axe
Recruter sur Informatica : réponses aux questions fréquentes
PowerCenter ou IDMC : quel profil chercher en 2026 ?
Cela dépend de votre parc. Pour maintenir des flux existants, un profil PowerCenter solide reste le bon choix, et il se forme assez vite à IDMC car la logique des mappings est proche. Pour un projet de migration, cherchez quelqu'un qui connaît les deux et peut expliquer ce que les outils de conversion ne reprennent pas. Pour de nouveaux flux vers un entrepôt cloud, l'expérience d'IDMC et de cet entrepôt compte davantage.
Que vaut une certification Informatica ?
Elle montre que la personne connaît le produit et son vocabulaire. Elle ne dit pas si elle a diagnostiqué une session lente, construit un incrémental rejouable ou mené une migration. Demandez un incident précis, une optimisation chiffrée ou un flux qu'elle a conçu de bout en bout. Une certification récente sur IDMC peut rassurer sur un profil qui vient de PowerCenter.
Quel test technique pour un développeur Informatica ?
Faites commenter un mapping existant en entretien, à l'écran ou en capture : un lookup mal caché, un Aggregator sans tri, une date en dur, aucun rejet géré. La personne dit ce qu'elle change et pourquoi. Vous pouvez y ajouter un journal de session à lire pour trouver le goulet d'étranglement. Le format dure une heure environ et se rapproche du quotidien d'une mission.
Faut-il aussi évaluer le SQL et Unix ?
Oui. Une bonne partie de la performance d'un flux Informatica se joue dans la base : requêtes sources, overrides, chargements en masse, index de la cible. Les workflows sont souvent lancés par des scripts shell et un ordonnanceur. Prévoyez quelques questions SQL (jointures, fonctions analytiques, plan d'exécution) et une lecture de script. Un excellent connaisseur de l'outil qui ne lit pas un plan d'exécution aura des limites en production.
Pour structurer vos autres entretiens, consultez aussi nos pages sur les questions d'entretien de recrutement, la méthode de l'entretien structuré et la grille d'évaluation d'entretien.





