Questions d'entretien architecte d'entreprise, de la carte à la trajectoire

L'architecte d'entreprise tient la carte du système d'information, la relie aux capacités métier et décide avec la direction de l'ordre dans lequel il évolue. Sa valeur se juge sur des choix tenus dans la durée : ce qu'on garde, ce qu'on retire, ce qu'on finance d'abord.

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Mis à jour le Par l'équipe Delectus5 min de lecture

La fiche Architecte d'entreprise : technologies, chaîne du poste, une question et la grille d'évaluation

Côté employeur, le poste d'architecte d'entreprise se rattache le plus souvent au DSI ou à une cellule architecture. Il tient le référentiel (LeanIX, Hopex, Horizzon, Ardoq ou parfois un simple tableur), anime le comité d'architecture, revoit les projets au cadrage et prépare la trajectoire du SI sur trois à cinq ans. En mission, on lui demande souvent de remettre à jour une cartographie abandonnée ou de rationaliser un parc applicatif.

Pendant les questions d'entretien d'un architecte d'entreprise, la certification TOGAF dit peu de chose. Beaucoup de candidats la possèdent et récitent l'ADM. Les livrables cités comptent davantage : une carte des capacités validée par le métier, un inventaire avec un propriétaire par application, une dérogation refusée et sa raison, une trajectoire recoupée faute de budget. Un profil solide parle de coûts, de dépendances et de dates de fin de support.

Les architectes solution qui se présentent comme architectes d'entreprise appellent aussi la prudence. Ils savent concevoir un projet, moins arbitrer un portefeuille entier. Le PDF propose 30 questions sur six axes, un cas de 20 minutes et une grille de notation.

Cadres, notations et outils de l'architecte d'entreprise

TOGAF Standard

Le cadre d'architecture d'entreprise de The Open Group. La 10e édition, publiée en 2022, sépare un contenu fondamental (dont la méthode ADM) et des guides d'application. Les certifications actuelles s'appellent TOGAF Enterprise Architecture Foundation et Practitioner. Ce qui compte, ce sont les livrables que le candidat en a tirés, pas la liste des phases.

ArchiMate

Le langage de modélisation associé, également publié par The Open Group, en version 3.2 depuis 2022. Il relie couches métier, application et technologie avec des relations typées. Un bon architecte sait l'utiliser avec ses pairs et le masquer devant un comité de direction.

Carte des capacités métier

La liste de ce que l'entreprise sait faire, indépendamment de son organisation et de ses outils, sur deux ou trois niveaux. Elle sert de grille commune pour rattacher applications, coûts et projets. C'est souvent le premier livrable demandé à un architecte d'entreprise qui arrive.

Portefeuille applicatif et méthode TIME

L'inventaire des applications avec propriétaire, cycle de vie, criticité et coût. La méthode TIME classe chaque application en Tolerate, Invest, Migrate ou Eliminate selon sa valeur métier et son état technique. Le résultat doit déboucher sur des décommissionnements chiffrés.

Outils de référentiel

SAP LeanIX, Bizzdesign Hopex et Horizzon, Ardoq ou Alfabet stockent les objets d'architecture et leurs liens. Bizzdesign regroupe depuis 2025 les anciens produits de MEGA et d'Alfabet. Un candidat qui a tenu un référentiel parle de qualité des données et de propriétaires, pas seulement de schémas.

Comité et revue d'architecture

L'instance où les projets présentent leurs choix, où se décident standards et dérogations. Son efficacité tient à des dossiers envoyés en amont et à des décisions écrites. Reste à savoir comment le candidat évite que ce comité devienne un goulet.

Trajectoire et feuille de route

Le passage de l'existant à la cible par étapes intermédiaires stables, reliées au portefeuille de projets et au budget. C'est là que se voit l'expérience : un plan qui tient compte des dépendances et de la cohabitation entre ancien et nouveau.

Exigences transverses

Sécurité, continuité d'activité, données personnelles, réversibilité des services externalisés. L'architecte d'entreprise ne les traite pas seul, mais il les rend visibles dans la cible et dans le référentiel, avec le RSSI, le DPO et le responsable de la continuité.

Le titre recouvre des réalités différentes. Dans une grande DSI, l'architecte d'entreprise travaille dans une équipe d'architecture, souvent par domaine, avec des architectes solution qui portent les projets. Dans une organisation plus petite, il cumule cartographie, gouvernance et parfois architecture solution. En conseil, les missions portent sur un diagnostic du parc, une rationalisation applicative ou la mise en place d'un référentiel. Les offres citent TOGAF, ArchiMate et un outil de référentiel, et souvent, désormais, le pilotage de l'obsolescence. Urbaniste SI et architecte d'entreprise désignent des postes proches en France, l'urbaniste étant plus tourné vers les flux et les règles appliquées aux projets.

Six compétences attendues d'un architecte d'entreprise

  • Démarche TOGAF adaptée au contexte
  • Modélisation ArchiMate et cartes de capacités
  • Gestion du portefeuille applicatif
  • Architecture cible et trajectoire chiffrée
  • Gouvernance et revue de projets
  • Données, flux et exigences transverses

Cinq questions d'entretien et les réponses attendues

Chaque question vient avec ce qu'une bonne réponse contient et le signal qui doit vous alerter. Pas besoin d'être technique pour les poser : écoutez si le candidat raconte du vécu.

  1. Question 1 · confirmé

    Le comité de direction veut savoir quelles applications portent la capacité « facturer les clients ». Comment construisez-vous cette vue, et à quel niveau de détail ?

    Une bonne réponseUne carte des capacités sur deux ou trois niveaux, validée avec le métier, puis le rattachement de chaque application aux capacités qu'elle sert, avec une indication de couverture ou de qualité. Pour le comité, une vue unique colorée par état (doublons, fin de vie, manques), sans les flux. Il garde la vue détaillée pour les équipes et sait d'où viennent les données de la carte.

    Signal d'alerteUne cartographie applicative exhaustive avec tous les flux, présentée telle quelle à la direction, ou une carte des capacités confondue avec l'organigramme.

  2. Question 2 · confirmé

    Vous héritez d'un inventaire de 450 applications dans un tableur, à moitié à jour. Par quoi commencez-vous pour en faire un outil de décision ?

    Une bonne réponseUn modèle minimal et stable : identifiant, nom, propriétaire métier et technique, capacités servies, cycle de vie, criticité, nombre d'utilisateurs, coût s'il est connu. Puis une campagne de collecte auprès des propriétaires avec une date butoir, un rapprochement avec la CMDB, les contrats et les factures, et une première analyse des doublons par capacité. Il annonce ce que l'inventaire permettra de décider.

    Signal d'alerteAjouter cinquante colonnes avant d'avoir un propriétaire par ligne, ou compter sur la bonne volonté des équipes sans échéance.

  3. Question 3 · senior

    La cible est validée, mais le budget ne couvre que la moitié des projets sur trois ans. Comment découpez-vous la trajectoire ?

    Une bonne réponseDes étapes intermédiaires stables, chacune utilisable seule et exploitable en production, ordonnées par dépendances techniques, risques (obsolescence, sécurité) et valeur métier. Il identifie ce qui ne peut pas attendre, ce qui peut tolérer un état provisoire et ce qui sort de la cible. Il chiffre le coût de la cohabitation entre ancien et nouveau et présente deux scénarios au comité avec leurs conséquences.

    Signal d'alerteGarder toute la cible en étalant chaque projet, ce qui laisse le SI à mi-chemin partout, ou couper au hasard les projets les plus chers.

  4. Question 4 · confirmé

    Un projet demande une dérogation pour lancer un troisième outil de gestion de contenus alors que le standard en prévoit un. Comment traitez-vous la demande ?

    Une bonne réponseIl examine le besoin réel non couvert par le standard, le coût et le risque du troisième outil, l'effort pour étendre l'existant. S'il accorde la dérogation, elle est écrite, limitée dans le temps, assortie d'une condition de sortie et enregistrée dans le référentiel. Si le besoin revient souvent, il révise le standard au lieu de multiplier les exceptions.

    Signal d'alerteUn refus de principe qui pousse le projet à contourner la gouvernance, ou une dérogation orale sans date de fin.

  5. Question 5 · senior

    Comment adaptez-vous l'ADM de TOGAF à des équipes agiles qui livrent toutes les deux semaines ?

    Une bonne réponseIl garde l'ADM comme une boucle à plusieurs vitesses : une architecture d'ensemble revue une ou deux fois par an, des architectures de segment par domaine, et un travail au fil de l'eau avec les équipes sur les décisions qui engagent plusieurs produits. Il cite les guides TOGAF sur l'agilité, des principes courts, une architecture cible publiée tôt puis affinée, et une revue limitée aux sujets transverses (données partagées, sécurité, intégration).

    Signal d'alerteDérouler les phases A à H dans l'ordre avant chaque projet, ou à l'inverse « en agile on n'a plus besoin d'architecture d'entreprise ».

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La fiche pour mener l'entretien de bout en bout, prête à imprimer ou à partager avec le manager.

  • 30 questions sur 6 axes, avec la bonne réponse, le signal d'alerte et la relance
  • Le niveau visé pour chaque question
  • Une mise en situation de 20 minutes et ce qu'on attend du candidat
  • La grille d'évaluation de 1 à 4, axe par axe

Architecte d'entreprise, les questions fréquentes

Quelle différence entre un architecte d'entreprise et un architecte solution ?

L'architecte solution conçoit un projet : sa place dans le SI, ses flux, ses choix techniques, son dossier d'architecture. L'architecte d'entreprise travaille sur l'ensemble du SI et sur plusieurs années. Il tient la cartographie, rattache les applications aux capacités métier, fixe les standards et prépare la trajectoire avec la direction. Les deux se croisent en comité d'architecture. Un bon architecte solution ne fait pas automatiquement un bon architecte d'entreprise, surtout sans expérience d'arbitrage de portefeuille.

La certification TOGAF est-elle indispensable pour ce poste ?

Elle est souvent demandée dans les offres et donne un vocabulaire commun. Elle ne prouve pas la pratique. L'édition validée compte (la 10e, ou l'ancienne 9.2), puis viennent les livrables réels : une carte des capacités, un plan de décommissionnement, une décision de comité. Un candidat sans certification mais avec trois trajectoires menées à terme vaut mieux qu'un certifié qui n'a jamais tenu de référentiel.

Peut-on faire passer un test technique à un architecte d'entreprise ?

Oui, sous forme d'étude de cas en entretien plutôt que de devoir à rendre. Le candidat reçoit un extrait d'inventaire applicatif et une contrainte de budget, puis produit une vue pour le comité et une trajectoire en trois étapes. Vingt minutes suffisent pour voir si la personne pose des critères, chiffre les migrations et sait renoncer à une partie de la cible. Le PDF propose un cas complet.

Quel outil de référentiel est attendu d'un architecte d'entreprise ?

Celui de l'organisation, en compétence appréciée plutôt qu'exigée. Passer de LeanIX à Hopex ou à Ardoq demande quelques semaines à un architecte expérimenté, car les concepts se ressemblent : objets, relations, cycle de vie, propriétaires. L'outil n'est exigé que si le poste comprend son administration ou son paramétrage. Dans ce cas, un profil d'expert outil se recrute à part.

Pour structurer vos autres entretiens, consultez aussi nos pages sur les questions d'entretien de recrutement, la méthode de l'entretien structuré et la grille d'évaluation d'entretien.

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